08.02.2010

Amie soit qui mal y pense

misanthrop.gifIl faut le reconnaître : il y a beaucoup de choses pour lesquelles je suis proche de la perfection absolue.

Le coupage de cheveux en quatre, le filage à l’anglaise, le tournage de pouce, la sodomisation de brachycères, l’observation de nombril, le tirage de plan sur la comète, la recherche de midi à quatorze heures, le tirage de vers du nez, le poussage de bouchon un peu loin…

Mais il y a un domaine où je ne casse pas trois pattes à un canard. C’est l’amitié.

Dans mon vocabulaire personnel, « amie », c’est un nom féminin d’une personne dont j’oublie en général la fête, l’anniversaire et le prénom, surtout quand on se connaît depuis 10 ans et qu’il s’agit de la présenter à une autre de mes amies.

Je suis le genre de fille à faire la morte, silence radio pendant 6 mois, quand je vais mal, quand je vais bien, et quand je vais tout court.

« Mais comment fais-tu, seule toute la journée ? » me demandent horrifiés les gens à qui j’apprends mon métier de freelance.

« Euh… en fait, c’est en partie pour être seule que j’ai choisi ce métier » je réponds un peu gênée, mais beaucoup moins que si je disais la quasi vérité, à savoir nombre de gens me font chier.

Mais ne crois pas qu’on soit Alceste par hasard : j’ai mon explication, bien trouvée, approuvée, valable même ici, en Nord Picardie, où le gens, tu le sais, est la valeur suprême :

C’est parce que j’ai beaucoup souffert…

Le judéo-chrétien pardonne à ceux qui souffrent, et accepte qu’une fille ayant déménagé 13 fois durant l’enfance, refuse de s’attacher à ceux qu’elle va quitter, fatalement, un jour ou l’autre.

Pleurez braves gens, pleurez, sur la Sans Amis Fixe.

« Mais enfin, ça fait combien de temps que t’as pas changé de région, maintenant ? » m’a inquisitionné une amie l’autre jour.

« Quatorze ans » j’ai maugréé.

Et très fort j’ai pensé, que c’est chiant, les amis, à dire ses quatre vérités à une borgne qui ne veut pas entendre.

Tant va la cruche à vau l'eau qu'à la fin, elle se casse la gueule, tiens.

03.02.2010

En mode libre

Fashion-TV.jpgDécouvrant récemment la réjouissante prose de la bien-nommée Mère Joie, je me faisais la réflexion qu’il y a bien longtemps que je ne vous ai pas raconté une crise de Mini-Monstre en Second.

La raison en est que ses crises se sont espacées.

Mais comme elles ont gagné en intensité ce qu’elles ont perdu en fréquence, je pense qu’il y a néanmoins matière à vous faire un récit de haute qualité.

Tiens, pas plus tard que hier soir, mais pas trop tôt non plus – c’est-à-dire vers 18H15, après une harassante journée de labeur - je me dirigeais prestement vers la garderie de l’école, m’apprêtant à récupérer la chair de ma chair.

Curieusement, mis en présence de la chair de sa mère, ma progéniture fit mine de ne pas me reconnaître, refusant obstinément d’enfiler manteau, écharpe, bonnet et gants.

Après 10 minutes de négociation les dents serrées – sous l’œil faussement placide et réellement atterré des 2 dames de garderie – je parvins enfin à ce que Mini-Monstre en Second daigne s’habiller.

Temporairement.

Car une fois totalement habillée, Mini-Monstre en Second s’avisa que l’ordre des choses n’avait pas été parfaitement respecté dans l’enfilage des vêtements (genre, les gants AVANT le bonnet, au lieu de l’inverse) et donc, sitôt mis, sitôt enlevés, elle ôta le manteau-l’écharpe-le bonnet-et-les-gants.

Tu sais, il y a dans l’histoire des moments que l’on nomme décisifs, où tout à coup, le cours des choses bascule. Eh bien l’instant qui suivit fut de ceux-là.

J’empoignais mon petit sac dans une main, mon grand sac contenant mon ordi et moult dossiers dans l’autre, et avec ma 3ème main, je me saisis de Mini-Monstre en Second pas habillée, sans oublier de prendre son manteau, son écharpe, son bonnet et ses putains de bordel de merde de gants.

Ce fut une sortie d’école toute en dignité et en discrétion, tous derrière tous derrière ère reuh, et moi devant, portant une chose non identifiée, qui se débattait, hurlait, vociférait et n’avait pas de manteau (ni de gant) (ni d’écharpe) (ni de… enfin, je pense que tu as saisi l’idée)

Dieu Merci, on ne peut pas habiter plus près de l’école que moi, et – aussitôt la clé glissée dans la serrure (soit après 6 minutes 56 d’effort, because 3 mains déjà occupées) – je déposai mon encombrant paquet au sol.

La bave sortait toujours de sa bouche, la morve de son nez et les cris de sa gorge, au moment précis où Mini Monstre Premier – bien décidé à me prouver sa supériorité et son antériorité chiantesque – s’avisa elle aussi de commencer à hurler dans mes oreilles.

Alors, insultant les cieux tel Moundir aux tropique « Pourquoi ?! Pourquoi ?! » je résolus de fuir la maternité et sa trilogie responsable – bain, repas, devoir – pour me replonger dans un état que je n’aurais jamais dû quitter : la fifille immature regardant Fashion TV.

C’est ainsi que je découvris qu’être mère et être fifille étaient hautement compatibles, surtout quand tu as toi-même enfanté deux fifilles : car au bout de 5 minutes, les Mini-Monstres ont rappliqué devant le robinet à défilé, presque aussi sages que les images qu’elles observaient bouche bée.

Vautrées dans le canapé, calme après la tempête savouré… Jusqu’à ce bisou baveux de Mini Monstre en Second, lovée contre moi, me susurrant doucement « tu sais, Maman, j’ai fait pipi dans ma culotte…»

02.02.2010

A la recherche de temps perdu… ou pas.

camee.jpgDans l’ombre, poussent des jeunes filles en fleur, qui – parfois – éclosent en Camélia-Jordana.

1er extrait inattendu du 1er album attendu de la très-très jeune fille qui non, non, non, ne veut pas sortir au Baron.

Mais pourquoi non ?

Perdre son temps avec style, ne serait-ce pas le meilleur moyen de dépasser les cons du passé, Camélia ?

 

 

podcast
Camélia-Jordana - Non, Non, Non (écouter Barbara)

28.01.2010

Les 3 petites cochonnes

Barbie_groupe.jpgIl va falloir me croire sans paroles.

Parce que – contrairement à la dernière fois – je n’ai pas enregistré Mini-Monstre en Second me racontant une histoire de son invention.

Mais pour compenser, j’ai pris une photo de ses 3 héroïnes - les 3 petites cochonnes - qu’elle agitait avec véhémence sous mes yeux pour illustrer la véracité de son propos.

Et tu vas voir que Mini-Monstre, elle maîtrise bien ses classiques :

 

« Il était une fois 3 sœurs qui avaient décidé de quitter leur maison.

Barbie_moche.jpg

La première était très moche. (La très moche, forcément, c’est celle qu’a les cheveux courts et pas de bras. La pauvre, déjà que « Barbie sans bras, pas de chocolat »…)

En chemin, elle rencontra un fermier très moche, et elle voulut pas l’embrasser.

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Barbie_moyen.jpgLa deuxième était moyen moche.

En chemin, elle rencontra un fermier moyen moche, et elle voulut pas l’embrasser.

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Barbie_belle.jpgLa troisième était trop belle. (et visiblement, elle est a pas inventé le fil à couper le beurre, cette gourdasse, avec son sourire niais et son 95 D)

En chemin, elle a rencontré un fermier trop beau. Et elle l’embrassait... euh... et elle l'embrassi... euh... et elle lui a fait un bisou sur la bouche. »

 

 

« - Ah, j’ai trouvé Mini-Monstre, ils se sont mariés et ils ont eu beaucoup d’enfants, c’est ça ?! »

«  - Nan. La trop belle, après, elle a rencontré un trop beau prince et elle l’a épousé et ils voulaient pas d’enfants »

 

Une petite cochonne, je te dis.

 

26.01.2010

Spontex lave l’âme plus blanc

bouddha2.jpgMa grande sœur et moi, on se ressemble beaucoup physiquement. Avec 20 cm d’écart en ma faveur.

Mais psychologiquement parlant, c’est 40 cm qu’elle me met dans les lattes la sœurette :

Parce que, quand son mari lui annonce à froid qu’ils partent vivre au Népal dans 2 mois, tu sais ce que c’est, la première pensée de ma sœur ?

« Coool… Je vais pouvoir me trouver un maître bouddhique perso – il paraît que les Népalais sont hyper cotés - c’est mot compte triple pour mon kharma, ça ! »

OK, avec la deuxième pensée de ma soeurette, c’est retour au prosaïque direct, vu qu’elle a téléphoné à une copine déjà sur place pour savoir si on pouvait facilement se fournir en grattounettes à Katmandou.

Oui, l’éponge Spontex, c’est le Saint Graal de la Femme Française Expatriée.

La Femme Française est propre, la Femme Française est prévoyante, la Femme Française tient à sa réputation. La Femme Française s’envole pour l’ailleurs avec quelques gouttes de n°5 dans le cou, et une valise de Spontex dans les soutes.

Mais bon, la Femme Française vaut mieux que moi.

Parce que le Ch’ti m’annoncerait qu’on part vivre dans deux mois à l’autre bout de mon monde – mettons Sarreguemines, pour rester crédible, je t’assure que ma première pensée serait pas pour Bouddha.

Parce qu’ils sont pas hyper cotés niveau kharma à Sarreguemines, figure toi.

Et en plus, ils sont très bien achalandés en Spontex, au Leclerc de Sarreguemines, à ce qu’on m’a dit…

29.12.2009

Congé maternel

ravioli.jpgLe premier jour des vacances, le Ch’ti a repris son cartable et le chemin du bureau, me laissant recouvrer pleinement ce rôle qui fait ma fierté de femme : la maternité.

Et je te prie de croire que je ne plaisante pas avec la maternité pendant les vacances de Noël : « Pas plus de 4H heures de télé par jour ! » j’ai décrété.

C’est une astuce pour laisser aux Monstres le loisir de se disputer 3 heures par jour minimum.

Ben oui, si l’ennui favorise la créativité, une bonne mandale de ta sœur, ça favorise l’autonomie, pour vite-vite te casser de ce nid tout pourri.

Vade retro Tanguy !

Et puis, il y a une chose sur laquelle je suis intraitable pendant les vacances :

J’exige qu’à 12H30 tapante, tout le monde soit lavé-habillé-coiffé, assis devant son assiette de raviolis en boîte réchauffé.

Bon, 12H45-13H, éventuellement, c’est les vacances quand même. Et pas coiffé, ça peut aussi marcher (mais les raviolis, j'en fait une affaire personnelle).

Depuis 8 jours, j’ai atteint mon objectif au moins deux fois.

Je crois que j’ai un côté très mec dans ma glorieuse fierté de femme…

24.12.2009

L’esprit – et la lettre - de Noël

pompon2.jpgÇa aurait été aussi simple que ça : en ce matin de Noël, je me serais levée très tôt pour écrire une lettre à mon Père pas Noël.

Une lettre signée de mon nom, pas du lapin Flocon.

J’aurais arrêté de me poser 1000 questions, sur ce qu’il fallait faire et ce qu’il fallait taire, arrêter d’avoir peur de ne pas dire ce qu’il faut, pour convaincre mon père de voir celle que j’étais, que j’étais devenue, et non plus celle qu’il avait connue, dans une autre vie, une autre ville, il y a presque 20 ans.

J’aurais écrit « Papa, mon cher Papa, et maintenant ? »

Il m’aurait répondu, quelques heures plus tard, m’appelant « Ma Gueda » comme il y a si longtemps. Il m’aurait répondu, comprenant, pardonnant, et laissant présager tellement d’humanité, qu’il aurait enlevé en quelques paragraphes, le poids de ces années à le croire demi fou, à me croire héritière de ses gênes de malheur.

Ça aurait si simple, comme dans un mauvais film, diffusé justement en ce jour de Noël.

Et c’est exactement comme ça que ça s’est passé.