27.02.2009

Où es tu… donc passée, Littérature ?

carton.jpgEn ce moment, je suis trop fatiguée le soir en me couchant pour lire des livres.
Je lis un Marc Levy.

Un Marc Levy que m’a offert ma belle-mère.
Peut-être qu’elle m’en veut de lui avoir volé son fils ?

Ce que j’aime chez Marc Lévy, c’est que dès le début, on devine la fin, et qu’alors on n’a pas trop à se concentrer pour suivre les péripéties qui vont nous y mener.

Oui, le milieu est très reposant chez Marc Lévy.

Tout à fait le charme d’un roman Harlequin.

Et je parle en connaissance de cause : je suis devenue une grande spécialiste es Harlequin, à l’époque où j’étudiais les grands maîtres de la littérature.

À l’époque où j’étudiais les grands maîtres de la littérature ET où je bossais dans une librairie.
C’était un job à hautes responsabilités : toute la journée, au sous-sol, je scannais les bouquins qui arrivaient des éditeurs, et ceux qui y repartaient.
Je crois bien que c’est mon Bac + 4 qui avait décidé le directeur à me recruter.

Le moment de bravoure de mes journées - la tâche où j’excellais - c’était mettre en carton les livres retournés.
Une compétence qui me sera hyper utile en cas de subite reconversion professionnelle dans la branche « déménagement de bibliothèques. »

Pour les Harlequin, la manœuvre était beaucoup plus compliquée :

1> Arracher la couverture du bouquin.
2> Mettre les couvertures dans le carton d’expédition pour se faire rembourser par l’éditeur.
3> Jeter les pages intérieures du bouquin à la poubelle.

Je n’ai jamais compris pourquoi on ne se simplifiait pas la vie en les jetant directement, dès qu’on nous les livrait, les Marc Lévy, euh, je veux dire les Harlequin…



Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est avant tout partager ses passions et ses coups de cœur avec ses lecteurs…

26.02.2009

La Très Joyeuse

carnaval_dunkerque.jpgTu sais qu’en vrai, je suis du Nord à peu près comme Eric Besson est de gauche. C’est dire.

Si j’étais nommée Ministre de l’immigration, je m’auto-migrerais illico vers des contrées ensoleillées.


Ainsi, quand le Ch’ti m’a dit le week-end dernier « Et si on allait voir les Trois Joyeuses ? », je lui ai répondu « Qui ça ? Je les connais pas ces Dames-là ! »

« Non mais t’es con » il m’a dit « Les Trois Joyeuses, c’est le nom des 3 jours de Carnaval à Dunkerque. »

Et joyeuse, je l’étais, à l’idée de pouvoir ainsi étayer ma thèse d’anthropologie ch’ti en hommage à mon maître, mon Claude, mon Lévi, mon Strauss, mon Claude Lévi-Strauss.

Et pourtant, là, maintenant, je ne sais pas bien comment te raconter l’esprit carnavaleux…

Peut-être qu’il faut avoir vu de ses yeux cette ville reconstruite dans le plus pur style HLM - cernée par les usines et les zones industrielles - pour comprendre cet impérieux besoin de vivre 3 jours déguisé en leggings rose fluo et manteau de panthère…

Peut-être qu’il faut avoir observé émerveillée, derrière la vitre d’un bar de quartier, trois vieilles mamies grimées en chat Carabosse, buvant et riant comme à 20 ans, dans leurs habits de marquis…

Peut-être qu’il faut apprendre à ne pas penser et à vivre l’instant, les chants, la bande, les chahuts, la bière, les bals…

Et peut-être que finalement, je suis aujourd’hui beaucoup plus Ch’ti et beaucoup moins Lévi que je ne croyais, parce qu’en fait je me suis juste amusée, oubliant pour un temps mon deuxième degré grimaçant.

Et le soir, rentrée chez moi, j’ai regardé avec émotion mes 2 Mini-Joyeuses, défilant et chantant dans toute la maison, parapluie à la main, leurs tous nouveaux habits enfilés l’un sur l’autre.

Oui, après cette orgie de bariolé, on a ressenti comme un impérieux besoin de dévaliser le magasin Du Pareil au Même.

 

Où l’on s’aperçoit que blogguer quand on doit raconter un vrai morceau de vie, c’est parfois beaucoup plus difficile que de broder quand on n’a rien à raconter.

24.02.2009

Les blancs ne savent pas penser

Il est des disques dont on ne sait pas comment ils ont atterri dans notre lecteur CD.

Ceci est une figure de style. Je sais parfaitement comment ce disque a atterri dans mon lecteur CD.

Il date du temps où mon grand frère exerçait son charme ravageur au Midem.

Ceci est également une figure de style
. Car – qui dit mon grand frère – dit tautologiquement charme ravageur.

Je te rappelle que d’après un observateur éminemment objectif, je suis le quasi-sosie de Charlotte Gainsbourg.

En ce temps donc, et grâce à la générosité grand-fraternelle, je recevais les disques démos par kilos. Mais tu connais la versatilité de l’âme humaine, qui poursuit la pénurie et dédaigne l’abondance.

Disette aidant, je redécouvre seulement maintenant quelques uns de ces CD, dont le titre suivant.





James Deano – Les blancs ne savent pas danser.

Or donc, qu’en penser ?

Qu’en penser, et alors que je dois me résoudre à conjecturer par moi-même, depuis que je ne suis plus abonnée à ce qui me tenait lieu de conscience musico-intellectuelle, Les Inrocks.

« Daube ou pas », pour trancher dans le lard, Ami Lecteur, j’en appelle à toi !

Quoiqu’il en soit, ça ne nous empêchera pas, les Mini-Monstres et moi, de continuer tous les soirs à kiffer la vibe sur James Deano.


Où l’on s’aperçoit que blogguer permet d’instaurer une interactivité ludique, impliquant néanmoins les facultés cognito-sensorielles de ce qu’on serait tenté d’appeler «  l’intelligence collective. »

23.02.2009

Transfert de fonds.

freud.jpgC’est officiel.

Mini Monstre en Second – 4 ans – est enfin sortie du stade anal.

Désormais, elle est en plein dans le Stade Vénal.


« Qu’est-ce que tu veux faire, comme métier, quand tu seras grande, ma choupinette ? »,

« - Ze veux être à la caisse au supermarché, ze veux plein de pièces, et ze vais acheter un pyzama Dora, un bonnet Dora, un DVD Dora, un livre Dora… »

Libéralisme, sur mes cahiers d’écoliers, j’écris ton nom…


Où l’on s’aperçoit que blogguer peut devenir une pratique illégale de la médecine psychanalytique.

20.02.2009

Chronique de haut vol

Arsene_lupin.jpgLes vieux sont très honnêtes, à ce qu’on dit.

Je conforme, je testimone.

L’autre jour au supermarché, j’ai vu une vieille revenir confuse vers la caissière, car elle avait malencontreusement oublié de lui payer une plaquette de beurre égarée au fond de son panier.

« Ah ben voilà, c’est pas un jeune sauvageon qui ferait ça » que j’ai réflexionné intérieurement.

Il faut croire que je  suis resté très jeune, n’en déplaise aux ptits cons.

Parce que – une semaine plus tard – quand j’ai découvert un sachet de gruyère rapé malencontreusement égaré sous mon pack d’Evian, gruyère que je n’avais pas payé, donc, je n’ai pas hésité une seconde : je l’ai mis dans mon coffre, j’ai démarré la voiture et je suis rentré à la maison.

Où l’on s'aperçoit que blogguer peut devenir une activité réprimée par la loi.

19.02.2009

Petit écran deviendra grand

Passons si tu le veux bien de l’autre côté du miroir.

De l’autre côté de l’écran, si tu préfères. On y perd beaucoup niveau poésie, avec la terminologie « nouvelles technologies », non ?

Bref passons. Oui, passons donc, de l’autre côté du… rectangle.

In Da Real Life, et quand sont repliées mes somptueuses ailes de Niké, j’habite une maison à la con dans une petite ville de Province, où je passe le plus clair de mon temps à éplucher des légumes ou à plier du linge de corps.

Désolée de chuter ainsi de mon piédestal auréolé, telle est la triste vérité.

Sauf que.

Parfois, chez moi, dans la cuisine, ou près de la machine, on entend ça :


Fess Williams - Number Ten.


Et alors, dans notre appartement en plein cœur de Manhattan, Woody Allen et moi, nous échangeons des répliques aussi désopilantes que désespérées, parce que - même si le médecin a diagnostiqué un banal ongle incarné - Woody a bien compris qu'en réalité, c'est la peste qui me guette.

Oui, derrière l’écran, ma bande-son et moi, on vit ma vie sur grand écran.


Où l’on s’aperçoit que blogguer est une activité totalement appropriée quand on a une tendance affirmée pour la mythomanie.

18.02.2009

Le Petit Véhicule de la Sagesse

bouddha.jpgOn gagne toujours à parier sur la bonté des gens.

C'est ce que je me suis dit l'autre jour au volant, en laissant passer devant moi une nana qui venait de me remercier a priori, par un grand signe de la main.

Ben oui, on ne va pas décevoir un alter ego qui a su déceler au premier coup d'œil l'Etre d'Amour et Gentillesse qui sommeille au tréfonds de son Soi profond...

Quand on voit les brillantes réflexions qui me sont inspirées par mes congénères lorsque je les croise - soit uniquement au volant ou sur un parking - on se dit que c'est une sacrée perte pour l'humanité que je sois une free-lance esseulée...


Où l'on s'aperçoit que blogguer quand on n'a strictement rien à raconter, c'est pas une sinécure...

17.02.2009

Mauvaise foi

milo.jpgJe ne serai jamais Yves Bonnefoy.

Oui, passé un certain âge, il faut bien admettre certaines réalités.

Je ne porterai jamais le doux nom de Bonnefoy.

Alors que, quoi, connais-tu plus beau nom que celui-là ?

Je ne serai jamais titulaire de la chaire de poétique comparée au Collège de France.

Alors que, putain, ça se pose là sur un CV.


Je n’écrirai jamais :
« Il y avait qu’il fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n’est qu’à ce prix
Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme, toute beauté,
Aimer la perfection parce qu’elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l’oublier morte,
L’imperfection est la cime ».

Je ne l’écrirai jamais, parce que Bonnefoy l’a écrit avant moi.

Et je l’en remercie.

Même si, même si,  j’aurais tellement aimé l’écrire avant lui.

Voilà pourquoi, sur ma tombe on martèlera « Regrets éternels ».

16.02.2009

500 secondes et 500 euros par La Ch’tite

theatre.jpgDidascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res » parce qu’on n’a pas que ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi se soucier de l’avenir de l’humanité.

Après-midi ordinaire dans le bureau de la Ch’tite, free-lance esseulée mais ô combien bien logée, dans son bureau « façon maison »


Le Coryphée, faisant irruption dans le bureau de la Ch’tite : Désolée d’irrupter de la sorte, c’est Camille qui m’envoie pour une communication de la plus haute importance…

La Ch’tite : De quoi, Camille, mais il te les faut, toutes, les blogueuses, vieux pervers !

Le Coryphée : On va pas épiloguer, parce que figurez-vous que le temps presse : le monde s’autodétruira dans 500 secondes !

La Ch’tite, fouillant frénétiquement son bureau : 500 secondes, mais combien ça nous fait ça en minutes ? Attends, je pose 500 et je divise par 60. Mon Dieu, 8 minutes et 33 secondes… Putain, mais pourquoi j’ai pas regardé « La guerre des Mondes » hier soir sur TF1 ?! Je suis sûre que Tom aurait su quoi faire dans un cas pareil. Vous l’auriez pas regardé, par hasard, Monsieur Coryphée ? Jsuis sûre que vous êtes du genre à aimer les films catastrophes…

Le Coryphée : Non mais à discutailler comme ça, on n’a plus que 250 secondes, là…

La Ch’tite, calculant : 250 secondes… Vous voulez dire 4 minutes 16 ?

Le Coryphée : M’enfin, cessez d’interrupter, j’ai une bonne nouvelle : j’ai un billet de 500 euros à vous remettre pour vous acheter ce que vous voulez !

La Ch’tite : 500 euros ! (Recalculant) Vous voulez dire 3 279,78 francs ?! Mais qu’est que je vais bien pouvoir acheter avec 3 279, 78 francs en 250 secondes ?

Le Coryphée, regardant sa Montre Kelton vintage : 150 secondes !

La Ch’tite : mais attends, c’est une grosse arnaque, ce truc ! En 150 secondes, je peux juste acheter sur Internet, et tu me files un billet, là ! T’as pas une Gold, plutôt ?

Le Coryphée : NAN ! 50 secondes, grouillez-vous !

La Ch’tite : Oh, ça y est, j’ai trouvé ! Tu vois le canapé, là ? Bon écoute, t’es pas trop ma came, mais j’ai que toi sous la main, et je vais quand même pas laisser passer l’opportunité de griller mon billet ! Tiens, allonge-toi, voilà les 500, et maintenant tu as 30 secondes pour me faire……

AHHHHHHHHHHHHHHH

C’est quand même con que ce soit la fin du monde. Parce qu’on saura jamais la fin.

Bon alors, c’était un article écrit dans le cadre d’un concours initié par la bloggo lyon, ici.

Pour gagner, faut générer un max de commentaires (m’enfin, vu que ça se termine ce soir, je suis un peu hors-jeu !) et il faut faire tourner la chaîne à 5 autres blogueurs (m’enfin, vu que ça se termine ce soir, etc)

13.02.2009

Prête-moi ta gueule…

Prete-moi-ta-main.jpgSéquence émotion.

Depuis le bout de la Terre – et au lieu de nager avec les dauphins – ma sœur pense à moi.

Elle pense à moi et elle m’écrit, donc :

« Coucou ma Gueda »


Tu remarqueras qu’on n’est jamais à l’abri d’une humiliation avec les surnoms ridicules dont nous affuble notre parentèle…
Et encore, là, c’est la version expurgée, parce que, in extenso, ça fait « Gueda Foulette Pomme ».

« On vient de regarder ‘Prête-moi ta main’ en DVD »

Bonjour les aventuriers, c’était bien la peine de s’exiler un an sur un voilier pour terminer à mater des DVD comme nous autres terriens métropolitains…

« et on a vachement pensé à toi, parce que c’est fou ce que tu ressembles à Charlotte Gainsbourg »

Ah ouais ? Mais à quel moment du film exactement la ressemblance est-elle la plus frappante ? Quand elle annonce « je vais faire caca » moulée dans son micro-short en jean ? Ou bien quand elle fouette Alain Chabat dans sa combinaison en latex ?

Non mais, soyons sérieux, Charlotte et moi, on n’a pas grand chose en commun.

Sauf (presque) le même âge. Ou (presque) la même taille. Ou (tout pile) le même nombre d’enfants. Ou (exactement) la même timidité. Ou peut-être (vraiment) la même allure, (carrément) le même charme, (incroyablement) le même charisme.

Et (surtout-surtout) la même modestie.

3 fois rien, quoi.

Putain, pourvu que ma sœur mate pas le dernier Josiane Balasko.

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