01.04.2009

Alchimie d’une Physique des catastrophes

physique des catastrophes.jpgIl y a les grands romans. (voir Madame Bovary, Gustave Flaubert, 1857).

Il y a les gros romans. (voir Il était une fois l’amour, Danielle Steel, 772 pages).

Et dans le cas présent - La physique des catastrophes, par Marisha Pessl - ce roman est aussi grand que gros (610 pages exactement).

Pourtant – l’ayant déjà lu il y a un an - je me suis replongée tête la première dedans, tant la fin incite à recommencer au début, en interprétant les signes autrement.

La narratrice, c’est Bleue. Et jamais la notion de narration subjective n’aura été si brillamment démontrée. (voir « Focalisation interne », in Figures 1, Gérard Genette). Car - depuis sa subjectivité - ce n’est pas un récit univoque que le narrateur fait, mais une interprétation potentielle d’un faisceau d’événements.

Bleue, 17 ans, est fille d’un professeur d’université en sciences politiques et d’une chasseuse de papillons qui a lui a légué son nom (Cassius Bleu, voir leptote Cassius, Dictionnaire des papillons, Meld ed., 2001).

Bleue, petit animal savant, parcourt les états d’Amérique (voir Sur la Route, Jack Kerouac, 1957) ingurgitant les miles autant que le savoir encyclopédique de son professeur de père.

Mais - et c’est là que le roman surprend - de Road-roman, il se métamorphose en teen-récit, épinglant comme autant de papillons les figures emblématiques d’un American College.

Et puis nouvelle mue, la comédie vire au film-noir dans la nuit d’une forêt (voir the Blair Witch Project, Myrick-Sanchez, 1999) et puis, et puis… mais on s’arrêtera là.

Marisha Pessl est américaine, elle a écrit ce premier roman à 27 ans, et sans doute qu’il fallait être aussi jeune et aussi américaine pour faire preuve de cette ambition littéraire-là : concentrer autant de genres narratifs en un seul récit.

Parfois, par le grâce du talent, le gros roman est grand (voir La physique des catastrophes, Marisha Pessl, Gallimard 2007)


Lecture effectuée dans le cadre du Prix Littéraire des Blogueurs. (Allez voir le site !) (et bravo à George Sand et moi pour cette initiative !)

 

Découvrez aussi les critiques des autres membres du jury sur "la physique des catastrophes" :

> Eli

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://bienvenuechezleschtites.hautetfort.com/trackback/2122850

Commentaires

Ca c'est de la critique... du coup je sens que je vais m'y plonger... plouf !

Écrit par : george sand et moi | 01.04.2009

putain.
limite, ça me donne envie de lâcher mon Accro du shopping pour aller lire ça, tiens.
(non, en ce moment, je lis Colombe Schneck, c'est mon modèle)

Écrit par : Camille | 01.04.2009

Moi je lis les watchmen mais celle de ton livre là, ça a l'air d'être une super heroïne non ?

Écrit par : electromenagere | 01.04.2009

@george sand et moi : t'as ton maillot ? (et pourtant, c'est pas un roman de plage !)

@Camille : Ah oui, Colombe Scneck de France Inter... je n'ai jamais lu ce qu'elle écrit, mais rien pour son prénom, j'ai un a priori favorable...

@electromenagere : ça oui, elle est très attachante , Miss Bleue...

Écrit par : la ch'tite | 02.04.2009

Écrire un commentaire