13.07.2009

Lieu commun

dentelle.jpgQuelquefois, j’appelle ma Maman pour prendre de ses nouvelles.
J’appelle en général ma Maman pour prendre de ses nouvelles quand je n’ai pas le moral, car on n’a beau n’être plus une enfant, on en garde toujours l’égoïsme avec ses parents.

D’ailleurs, prendre de mes nouvelles de ma Maman est souvent superflu.

Si elle me raconte qu’elle vient de finir quoi que ce soit en béton, je sais qu’elle va bien.
Si elle a entrepris une nouvelle construction de mur en pierre sèche, j’en conclue qu’elle va très bien.
Si en revanche elle a vu son plombier, il est évident que cela ne va pas.

Car au fil des ans, métonymie incarnée, ma Maman est devenue sa maison, lieu calme et hors du temps, face à l’éternité des rochers de Provence. Elle la construit, la déconstruit, la parachève, œuvre d’une vie bâtie.
Et quoi qu’il advienne d’elle –et il adviendra, Mon Dieu, il adviendra - cela est, cela sera.

Ma Maman quant à elle n’a pas besoin que je lui dise que je n’ai pas le moral.

Elle m’appelle Bichette, car on a beau n’être plus une enfant, on reste toute sa vie une Bichette pour ses parents et elle me dit « Bichette, ma Bichette, pourtant, la vie est là, simple et tranquille. »

Et fermant les yeux, je pense à ce lieu partagé par nous autres, ses enfants, ce lieu incarné qui - plus même qu’elle ne saurait nous le dire - apporte consolation et apaisement, comme une mère pour les tourments de ses enfants.

10.07.2009

Renaître de ses cendres

Rothko.jpgEt alors se dire doucement que le ciel est, par-dessus le toit, si bleu si calme…

Se répéter évidemment que, mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, simple et tranquille, dans cette rumeur qui vient de la ville.

Et ne pas penser à toi que voilà, pleurant sans cesse, oui, toi que voilà, qui a fait je ne sais quoi de sa jeunesse.

Il me faudra tant de sagesse pour oublier ma vie d’avant, volutes enfumées consolant l’enfant triste que j’étais…

09.07.2009

Des bons moyens de s’arrêter de fumer

cigarette.jpgJ’ai enfin décidé d’arrêter de m’arrêter de fumer.

S’arrêter souvent de fumer, c’est un très mauvais signe, indicateur de reprise.

Je suis allé voir ma pharmacienne pour me fournir en substituts nicotiniques.
Ma pharmacienne, je l’aime presque autant que mon coiffeur qui refuse de me couper les cheveux : elle est anti-médicaments.

Elle se soigne que par les plantes, et jamais au grand jamais tu lui feras avaler un antibiotique.

« Ça marchera pas sur vous, ces cochonneries » elle m’a asséné « Vous devriez plutôt essayer les méthodes naturelles. »

J’ai donc élaboré un plan en 5 temps.

Phase 1 : Agir sur la cause.
« Il se passait quoi, dans votre vie, au moment où vous avez commencé à fumer ? » m’a juste demandé la spécialiste des fleurs de Bach que j’ai consultée.
20 minutes plus tard, je repartais avec un petit flacon de « Star of Bethléem », la fleur de la consolation, mon substitut tabagique à moi.


Phase 2 : Se dégoûter.
« Vous connaissez le principe ? » m’a dit l’homéopathe « Soigner le mal par le mal ! »
3 semaines plus tard, je recevais mes granulés de clope, préparés à partir de ma cigarette macérée. T’en prend trois, ça t’écœure du tabac.


Phase 3 : Arrêter.
Le jour dit, j’ai programmé une séance d’acupuncture, et une autre 8 jours plus tard.
Le jour dit, c’est demain, et aujourd’hui je vais donc consacrer ma journée à flipper.


Phase 4 : Se récompenser.
Avec tout l’argent économisé, je vais aller me faire chouchouter dans un institut de beauté. Bio, pour être raccord avec ma thématique anti-tabagique.


Phase 5 : Ne pas stresser.
Temporairement. Ça s’appelle des vacances en Provence.
Et j’espère bien qu’à la rentrée, je pourrais te dire que mon plan a marché.

PS.
Et même qu’on pourrait ajouter une phase 6, où t’aurais le droit de m’encourager.

08.07.2009

Des bonnes raisons d’arrêter de fumer

cigarette.jpgFumer tue, oui.

Mais dans longtemps.

Alors que s’arrêter de fumer, c’est un produit de beauté immédiat, qui embellit le teint, lutte contre les rides, blanchit les dents, et fait briller les cheveux.

Alors, bon.

07.07.2009

Des bonnes raisons de continuer à fumer

cigarette.jpgFumer est un plaisir solitaire qu’on peut partager entre amis.

Fumer provoque de bonnes idées, et noircit presque autant les pages que les poumons.

Fumer trompe l’attente. Allumer une cigarette, l’éteindre, ponctuation des jours sans fin.

Et puis, on n’a pas encore trouvé mieux qu’une cigarette pour instaurer l’instant.

Il fait froid, mais on boit un petit café. Il fait chaud, mais on boit un vin frais.
Et on fume en se disant que vraiment, on est bien.

Se précipiter vers la mort en ayant l’impression d’exister.
Oxymoron.
Oxymourons.

06.07.2009

Les chemins bétonnés de la connaissance

embouteillag.jpgD’aucuns m’accusent d’être une feignasse. Qui préférerait prendre sa voiture au lieu de marcher.

Je me gausse.

C’est ignorer que je poursuis au volant une thèse d’anthropologie extrêmement fouillée sur mes congénères, la voiture étant à peu près le seul endroit où je croise des gens vivants.

Tiens, l’autre jour, au feu rouge, l’Homo Voiturus devant moi s’est retourné, et il a commencé à loucher en tirant la langue.
Il faisait rire ses enfants.

Le temps s’est arrêté à observer ce magnifique spécimen de beau mec dans son milieu naturel, s’ébrouant avec sa progéniture.

J’en conclus scientifiquement que la femelle est programmée pour craquer devant un mâle qui prend soin de ses petits.

Malheureusement, le mâle est tout aussi scientifiquement programmé pour craquer devant une femelle qui nettoie sa voiture en tee-shirt mouillé.

03.07.2009

Le Freak, c’est chic

freaks.jpgJ’ai deux nouvelles.

La bonne, c’est que je vais bénéficier d’un prix de groupe chez le pédopsy.

La mauvaise, c’est que mes DEUX filles sont folles.

Extrait de conversation ordinaire :

Mini-monstre en Second, 4 ans : « Tu crois qu’on peut conduire une voiture avec un piercing ? »

Mini-Monstre Premier, 8 ans :  « Ben oui. On peut bien conduire un vélo avec les oreilles percées, alors… Mais sans les bras, ça doit être compliqué, je crois… »

02.07.2009

Balayer à ma porte

balai.gifMa femme de ménage part à la retraite.

« Ca va être bien » elle m’a dit « je vais enfin avoir le temps de faire mon ménage quand je me lève, à 6H du matin… »

Les araignées vont beaucoup la regretter, elles qui tissaient leur toile peinards juste sous ses yeux de presbyte.

Et moi aussi, je vais beaucoup la regretter. Car on se moque, on s’est moqué, mais ma femme de ménage, elle compatissait vraiment en écoutant mes misères.

Alors que la nouvelle, elle a 8 enfants.
Et à qui je vais pouvoir faire croire, maintenant, que c’est galère de travailler en ayant 2 enfants ?

01.07.2009

Des souris et des hommes. Et des rats. Et des fourmis.

rat.jpgLe truc bien dans ma maison avec jardin, c’est que j’ai les inconvénients de la campagne en plein centre ville : je suis envahie par les bestioles.

D’abord, on a eu des puces savantes, qui ont sauté directement depuis une solderie jusque dans mon lit, puis de lit en canapé, de canapé en plaid, de plaid en peluche, et c’est là que ça a dégénéré.
12 machines à laver plus loin, j’ai enfin réussi à m’en débarrasser.

Après on a eu des poux très malins, puisqu’ils avaient quand même passé plusieurs jours à s’instruire sur les cerveaux de mes enfants écoliers.
Après quelques shampoings et beaucoup de hurlements, il n’y paraissait plus rien.

Y’a eu aussi un épisode fourmis particulièrement instructif :
Quelle leçon pour les Mini-Monstres que d’observer le convoi des ouvrières dans notre salon, progressant en ligne sur le canapé pour atteindre les miettes sur la table basse.
Leçon de vie aussi, quand on leur a expliqué qu’avec une goutte de poison disposée sur leur passage, on allait dégommer toute une fourmilière en 3 jours.

Puis, on est rentré dans une phase rats et souris. Et vu leur capacité à déjouer tous nos pièges, on a conclu avec le Ch’ti que c’était des rongeurs génétiquement modifiés, échappés d’un laboratoire.
Même que – d’après les Mini-Monstres – c’était des souris-Houdini, capables de rentrer dans le frigo fermé, d’ouvrir un pot de mousse au chocolat, et de le manger en loucedé.

On a frappé fort. Au sale comme au figuré : on a fait venir Mouse Buster, dit The Killer.
Un gars qui nous a installé des pièges collants. Ça immobilise la souris et elle meurt d’épuisement.
Enfin, en théorie.
Parce qu’en réalité, le Ch’ti a dû l’achever au balai. Ce qu’il avait pas prévu, c’est qu’elle exploserait sous l’impact.

Le premier qui me supplie d’introduire un animal de plus dans ma maison-ménagerie, je lui fait la peau. De lapin, par exemple.

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