28.10.2009

Téléphone Blues

clavier.jpg4 jours à la semaine, je suis donc assise seule dans mon joli bureau, occupée à ne pas jouer les salariées pour de faux.

Mais l'autre jour, rompant ce solitaire huit-clos, un Autre m'a appelé sur mon téléphone fixe : au bout du fil, voix d'un homme inconnu, « une erreur » s'excuse-t-il.

« Mais dites moi... » poursuit-il timidement plutôt que raccrocher « Si ça ne vous embête pas, si vous avez le temps, enfin si tout ça, est-ce que je... pourrais vous parler de, euh, de quelque chose d'un peu délicat, s'il vous plaît ? »

À l'aune de mon échelle de valeurs personnelles - largement inspirée par l'échelle maternelle - un garçon aussi poli ne pouvait être que gentil.

Et puis à l'aune de mon degré de curiosité personnelle, il n'y avait pas d'autre réponse possible que « Racontez, allez-y ! ».

Et alors voilà.

C'est ainsi : en plein après-midi, seule dans mon bureau, téléphone à l'oreille, j'ai écouté un inconnu me raconter sa vie, sa vie alambiquée, mais non n'insiste pas, je n'en dirais pas plus - Déontologie Oblige...

Ben oui, tout y était : moi sur le canapé, assise et attentive, ponctuant ses blancs par des « Oui, je vous écoute » bienveillants ; et lui parlant, juste parlant, n'attendant pas de réponses, finalement...

Et même qu'à la fin, mon inconnu parlant m'a donné un billet - non pas de l'argent sonnant et trébuchant - mais le billet que voilà, le billet que je t'écris là.

« Quand même » je me suis dit en raccrochant « il faut être bizarre pour raconter sa vie à une inconnue, non ? »

Qu'est-ce que tu dis ?

« Il faut être un peu bizarre aussi, pour écouter un inconnu raconter sa vie, non ? »

Lui qui parle, moi qui écoute, puis qui l'écris, et toi qui lis...

Bizarre-bizarre-bizarre, non ?

 

 

26.10.2009

The D. Day

Je crois que mon addiction monomaniaque aux leggings - déclarée ici même - ça a irrité en haut lieu.

 

Il paraîtrait que c’est même remonté jusqu’aux oreilles des dirigeants de Dim (qui comme chacun sait, sont Messieurs Dim, Dam et Dom).

 

Bien décidés à relever le défi de ma conversion collantesque, chez Dim, ils ont tenté le tout pour le tout :

Ils ont dépêché à mon domicile un émissaire tout de jaune vêtu (un certain Monsieur Poste) chargé de me remettre un paquet en mains propres (certifiées lavées par solution hydro-alcoolique).

À l’intérieur, une paire de leurs tout nouveaux collants, le Dim Body Touch et une mission : les tester pendant toute une journée.

 

Dès le lendemain, j’entamais donc ce que nous nommerons - en toute simplicité - mon Dim Day.

( Ci-dessous, une photo de moi posant dans mon nouveau Dim Body Touch - en toute simplicité toujours…)

 

 

 

 

8H36

Invasion de la cour d’école et progression à grandes enjambées sur le terrain, pour cause de retard patenté des troupes (le soldat Mini-Monstre en Second ayant fait preuve d’insubordination dès le réveil).

 

Premier passage en revue : le Dim Body Touch remplit sa mission, du confort et de la tenue, même au pas de course.

14H12

Arpentage du macadam, en direction du bureau.

Sur le chemin, test dit « de l’ouvrier », consistant à passer près d’un échafaudage à grandes enjambées-genre-retard, et à noter la réaction de l’homme de l’art.

 

Réaction observée : sifflage.

Les collants ont donc parfaitement rempli leur mission « galbage » de mes courbes (au demeurant parfaites) (en toute simplicité, rappel…)

16H08

Face à face avec une page blanche. Objectif : la remplir. Général la Ch’tite, exécution !

Inspiration bloquée : Debout. Apparition d’une idée : Assise. Re-blocage : Debout. Assise. Debout…

Malgré la répétition de ce petit manège 34 fois environ, les collants Dim Touch ne serrent pas la taille, grâce à leur arme secrète, une ceinture en microfibre souple et douce.

 

 

Pour te situer l'innovation, c’est vraiment le même confort que la lingerie Dim du même nom (Body Touch, pour celles qui n’arrivent pas à suivre, au fond…).

 

Donc plutôt appréciable par rapport aux collants habituels, qui ont une fâcheuse tendance à serrer le bidon…

 

 

Soldats, ce Dim Day fut décidemment unique, il marquera les ma mémoire, et pour longtemps…

 

« Super, la Ch’tite, mais… et nous alors ?! »

 

 

Quoi, vous avez vraiment cru que j’allais abandonner ma petite troupe de lectrices, seules dans la morne plaine des collants qui tiraillent ?

 

 

Oh que non : J’invite les 10 plus valeureuses d’entre vous (et les plus rapides aussi) à se rendre ici pour obtenir un collant gratuit avec le code « chezleschtites ».



Article sponsorisé

19.10.2009

Open Space Cow-boy

l-open-space-m-a-tuer.jpgAlors voilà.

Tu es là, tu me lis.

Autour de toi le bruit, ronronnement des ordis, sonnerie de téléphone, paroles assourdies.

Tu es là, tu me lis, je te vois.

Ce matin, tu t’es demandé ce que tu faisais là, à cette table de travail, tu regardes hébété tes collègues habituels, encore ensommeillés.

Sois sage, apaise-toi. Ce n’est rien, un sursaut naturel si on songe à l’étrangeté de ta situation, immobile tout le jour assis à ton ordi, pas bouger pas parler juste un peu deux trois mots, rien d’intime, le boulot, rien d’intime, quelques mots.

Je te vois, tu me lis, et même je pense à toi.

Je me lève, je m’assieds, je pars, je vais marcher, fatiguée je m’allonge là sur mon canapé, et puis non aujourd’hui, rien ne vient, je m’en vais, et puis demain je sais, ça coulera, j’écrirai, et je ne mangerais pas.

Demain – après demain - tu me liras… et je serai comme toi.

Un travail, quelques mois, assis presque comme toi. Autour de moi le bruit, téléphone et sonnerie, café, stylo, ordi, bonjour, ça va merci.

Quelques mois mais seulement un jour à la semaine, je retrouve pour de faux tout ce que j’ai quitté, un bureau, des collègues, atone asservissement choisis par nous cols blancs.

Je retrouve et je pars, non pas quand vient le soir, avant si je le peux. On n’achète pas mon temps, ni mon immobilisme, on achète une tâche, et ma capacité à la réaliser. Libre à moi de la faire en 2 heures ou 10 heures, partir ou m’arrêter, revenir, ne pas bouger.

Voilà, c’est pour de faux, les collègues, le bureau, juste un cadre étranger pour mon même boulot, et quand je lève la tête, je suis tellement tant - ô combien soulagée, car je me sais maintenant farouche en liberté ; lonesone and free cow-boy.

15.10.2009

Appelez-moi un avocat…

jospeh_leon.jpgAujourd'hui, j'ai décidé de rentrer en lutte.

La lutte pour l’application immédiate d’une mesure coercitive de divorce applicable à tous les membres de la magistrature, sans exception.

La raison ? Ceci, appliqué depuis 3 jours en continu, juste entre mes oreilles :

podcast

Long Drink, extrait de Hard as Love, premier album de Joseph Leon… ... ou l'histoire d'un garçon juriste qui a dévié du chemin "droit" tout tracé, le jour où sa fiancée l'a quitté, pour se mettre à composer et à chanter.

Dura Love, Sed Love, Joseph, et au bout de ton chemin biscornu, tant de douceur…

 

 

11.10.2009

Pas si bête

Puisqu’on ne se connaît pas en vrai toi et moi – enfin pour la majeure partie de toi – il faut que je te dise un truc : j’aime pas les bêtes.

Et comme con dit, j’aime pas les bêtes donc j’aime pas les gens donc j’aime pas les gens bêtes donc j’aime pas les bêtesbêtes.

Alors, le coup du lapin nain, pour moi, c’était no way : pourquoi se faire chier à s'occuper d'un animal, alors qu’on a déjà 2 Mini-Monstres dans sa maison ?

C’est là que je me suis aperçu que ma nouvelle femme de ménage qui travaille en chantant et en élevant 8 enfants, elle a aussi 4 lapins.
Je crois que cette femme m’a été envoyée par le Très Haut pour me culpabiliser.

« Mais franchement, ça sent mauvais, non ? » je l’ai inquisitionné pendant qu’elle dépoussiérait.
« - Moi je mets du désodorisant dans les cages, ça sent une bonne petite odeur de foin… »

« Justement, ils vous mettent pas du foin partout ? » j’ai argué pour recouper les faits.
«  - Ah non, le secret, c’est de pas trop charger ; un peu, ça suffit bien » elle a souri genre vive la vie.

Un peu ébranlée par la bonne petite odeur de foin certifiée-garantie par une professionnelle patentée de la propreté, j’ai décidé de laisser sa chance au produit : on est allé voir les lapins nains chez nos amis les flamands belges.

Pourquoi en Belgicie ? Pour avoir le plaisir de se perdre en Belgique aussi le samedi et pas juste le dimanche.

Et puis parce que parler lapin nain avec un sosie vocal d’Arnaud, c’est une expérience métaphysique unique.
« Tû vois, faut pâs tû aies peûr avec lê lâpin, c’est un animal, le noir cômme ça, il est bon âvec tes enfants, pas problème… Mais le – comment jte dis – cette couleur lâ, mârron, trrrès pas bon dans sa tête, faut pas prendre… »

Et c’est là que je l’ai vu au fond de la cage :

flocon.jpg

Flocon.

Avec ses petites oreilles dressées, son museau en cœur qui tremblait, ses papattes délicatement posées… et noir, noir et blanc, soit l’air intelligent du lapin qu’allait pas me faire chier.

« OK, j’ai dit, on le prend, et vous me mettrez de la cage top qualité, je veux ce qu’il y a de mieux pour mon béb- euh – pour le lapin nain de mes enfants… »

Alors voilà. J’aime pas les bêtesbêtes, mais je fais une exception pour mon Flocon, tellement pas con qu’il fait JAMAIS ses besoins quand on le porte dans nos bras.
Il attend sagement d’être dans sa cage. Mais alors là, il se lâche, à une moyenne de 18 crottes à l’heure.

Autant te dire que – n’en déplaise au professionnelle mon œil de la propreté -  la bonne petite odeur de foin, elle est quand même sérieusement mâtinée d’une bonne petite odeur de crottes.

Heureusement que quand on aime, on ne sent pas…

08.10.2009

Pacifique apaisant

pacifique.jpgIl y a 6 mois, au beau milieu du Pacifique, une petite fille de 7 ans a décidé d’écrire à son grand-père, son grand-père qu’elle n’avait jamais vu, ni lu, ni entendu.

Cette petite fille c’est ma nièce – fille de ma sœur du bout du monde - et conséquemment, son grand-père est mon père.

Mon père dont je te parle si peu ici, et pour cause inconnue, parce que si on essayait de la connaître, on s’en sortirait plus de ces histoires de famille décomposée…

Une petite fille a écrit à son grand-père, et son grand-père lui a répondu.

Et de fil en aiguille – de cousine en cousine – mes filles aussi ont écrit à leur grand-père, et leur grand-père a répondu.

Et même si ces mails ne me sont pas adressés, je ne peux m’empêcher d’être émue à les lire, car ces mots de grand-père, ces histoires qu’il raconte – abracadabrantesque, et tellement inventives – me rappellent un papa que je croyais enfui – si loin dans ma mémoire, comme s’il n’existait plus, si loin de cet homme en colère, refusant tout contact, niant notre existence.

Je ne suis pas sûre qu’un jour, je retrouverais mon père, mais que déjà mes filles aient trouvé leur grand-père – qu’il ne soit pas si fou que j’ai voulu le croire pour accepter l’idée de ce deuil sans mort – voilà qui me console, voilà qui me soulage.

Il y a 6 mois, une petite fille de 7 ans a écrit à son grand-père, et aujourd’hui vraiment, je lui en dis merci.

04.10.2009

Allocutions familiales

stop_aux_virus_de_le_grippe.jpgAujourd’hui, on ne dit plus « Les enfants, à table, allez vous laver les mains et plus vite que ça ! »
Dorénavant, on dit « Les enfants, à table, Stop Au Virus de la Grippe ! »

On ne dit plus « Ne faites pas trop couler l’eau, votre père, il est pas sourcier, hein ! »
Mais « Ne faites pas trop couler l’eau, C’est un Petit Geste Pour la Planète ! »

Et on ne dit plus « Finis tes haricots verts, on pourrait nourrir 3 petits chinois avec tes restes ! »
Mais « Finis tes haricots verts, Pour Bien Grandir, Mange 5 Fruits et Légumes Par Jour ! »

Oui, ça simplifie sacrément le job de parents, les grandes campagnes d’éducation nationale.

J’attends avec impatience les campagnes « Gare Aux Acariens Range Ta Chambre » « Va Te Coucher Renforce Tes Défenses Immunitaires » et « Fais Tes Devoirs Le Chômage Guette »

Toutes les notes