04.11.2009

Traité d’éducation à la con (ou Le Mimile*)

rousseau.jpgRécemment, un de mes clients a conjecturé que :

Petita mon travail étant de coller des mots les uns derrière des autres en vue de former des phrases intelligibles

et que

Petitbé ayant enfanté 2 merveilleux enfants, les susnommées Mini-Monstre Premier et Mini-Monstre en Second,

je serais la personne idoine pour écrire toute une série d’articles bien sentis sur l’éducation.

Entre 9H du matin et 18H, du lundi au vendredi, je rédige donc des textes brillantissimes, dans lesquels j’explique qu’avec un peu de bonne volonté, les gars, parents, c’est pas si compliqué…

Mais le week-end, c’est relâche…

Ainsi, samedi dernier, les Monstres et moi, on devait aller chez Décathlon.

Objectif : acheter 2 paires de baskets.

Temps estimé : 35 mn.

1H20 plus tard, transpirante et épuisée, je ressortais la rage au ventre et le rouge au front, en me disant que l’orgasme était décidément la ruse suprême de la Nature pour nous conduire à mettre bas des Monstres.

Jeunes parents égarés ici, voici donc les conseils d’éducation honteux que je ne peux pas donner en d’autres lieux :

1/ De ton plan initial, jamais tu ne dévieras :

Si tu veux acheter deux paires de baskets, achète deux paires de baskets, point-final.

N’espère pas acheter en passant des chaussons de gym « qui seraient adorables comme pantoufles pour Mini-Monstre en Second, non ? »

Car entre le « maaaais, des zhaussons de gym, cé pas des pantouf’» et le « beurk, ze les veux en rose pas en beige » sans oublier le « nan, ze veux pas les essayer » et le définitif « pff, tte façon, elles sont trop moches », ton achat-subit-en passant se transformera fatalement en phase de pré-crise subie.

2/ La vérité, tu apprendras :

Jeune parent innocent, il est grand temps de te dévoiler cette vérité connue des seuls initiés (les vieux parents) :

Entre 2 et 5 ans, l’Enfant qui a décidé de faire une crise… fera une crise, immanquablement, quoi qu’il advienne, tsunami, tremblement de terre, avalanche de cadeaux, fessée carabinée, ou reddition totale et sans condition de ses parents.

L’expérience aidant, tu sauras néanmoins détecter une phase de pré-crise dès les premiers signes avant-coureurs, tapage de pied par terre, montée dans les aigus, et succession de phrases décousues telles que « nan, ze veux pas les pantouf’ » « mais si, ze les veux » « mais naaaaan… »

Et tu auras alors la seule réaction raisonnable qui s’impose en ce cas - la fuite - au lieu de vouloir imposer ta volonté de mère-experte-es-éducation-quand-même, « si tu crois que je vais céder à ton caprice, tu te fourres le doigt dans l’œil, Mini-Monstre ! »

3/ La crise, dignement tu affronteras :

Problème éducatif :

Sachant que te voilà coincé un samedi après-midi dans une grande surface non sonorisée musicalement, avec 228 parents scrutateurs, en compagnie d’un Monstre fermement décidé à hululer (127 décibels mesurés) et à se rouler par terre pendant les 24 minutes à venir, quelle est la réaction appropriée pour ne pas te taper la honte ?

Il te suffit de te diriger avec beaucoup de dignité vers la cabine d’essayage la plus proche, d’y placer fermement le Monstre en Second, puis de feindre une conversation passionnante avec Mini-Monstre Premier alors qu’elle fait semblant de ne pas te connaître parce qu’elle a trop la honte, et surtout-surtout, de ne jamais croiser directement le regard d’un autre parent, même et surtout s’il est situé à deux centimètres de toi.

4/ De mansuétude, tu feras preuve :

Quand la bave aura cessé de couler de la bouche de ton Monstre, et que du bout de ses lèvres blanches de colères, elle aura consentie à bafouiller le sésame exigé « Par-snif-don-snif-Mô-snif-Man… », tu savoureras le silence enfin revenu.

Et quand ton Monstre parfaitement calmé te dira, comme si de rien n’était, « Ah ben Maman, c’était une grosse crise, hein, celle-là », tu ne la fusilleras pas du regard. Non.

Tu lui diras en la serrant très fort dans tes bras « Ah ça oui, mon amour, c’était une grosse crise, et Maman ne veut plus jamais que tu cries comme ça, c’est compris ? »

*Oui, bon, ça va, hein : J’en connais un - que nous ne dénoncerons pas Jean-jacques - qui a abandonné ses 5 enfants après avoir écrit un Traité d’éducation célébrissime…