19.10.2009

Open Space Cow-boy

l-open-space-m-a-tuer.jpgAlors voilà.

Tu es là, tu me lis.

Autour de toi le bruit, ronronnement des ordis, sonnerie de téléphone, paroles assourdies.

Tu es là, tu me lis, je te vois.

Ce matin, tu t’es demandé ce que tu faisais là, à cette table de travail, tu regardes hébété tes collègues habituels, encore ensommeillés.

Sois sage, apaise-toi. Ce n’est rien, un sursaut naturel si on songe à l’étrangeté de ta situation, immobile tout le jour assis à ton ordi, pas bouger pas parler juste un peu deux trois mots, rien d’intime, le boulot, rien d’intime, quelques mots.

Je te vois, tu me lis, et même je pense à toi.

Je me lève, je m’assieds, je pars, je vais marcher, fatiguée je m’allonge là sur mon canapé, et puis non aujourd’hui, rien ne vient, je m’en vais, et puis demain je sais, ça coulera, j’écrirai, et je ne mangerais pas.

Demain – après demain - tu me liras… et je serai comme toi.

Un travail, quelques mois, assis presque comme toi. Autour de moi le bruit, téléphone et sonnerie, café, stylo, ordi, bonjour, ça va merci.

Quelques mois mais seulement un jour à la semaine, je retrouve pour de faux tout ce que j’ai quitté, un bureau, des collègues, atone asservissement choisis par nous cols blancs.

Je retrouve et je pars, non pas quand vient le soir, avant si je le peux. On n’achète pas mon temps, ni mon immobilisme, on achète une tâche, et ma capacité à la réaliser. Libre à moi de la faire en 2 heures ou 10 heures, partir ou m’arrêter, revenir, ne pas bouger.

Voilà, c’est pour de faux, les collègues, le bureau, juste un cadre étranger pour mon même boulot, et quand je lève la tête, je suis tellement tant - ô combien soulagée, car je me sais maintenant farouche en liberté ; lonesone and free cow-boy.

24.04.2009

To glande or not to glande ?

sieste.jpgVacances, temps de latence, laisser le repos affleurer… ou de suractivité, rattraper le temps perdu à travailler ?

J’ai une semaine pour me décider, je vais être bien occupée…


Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est complètement pas conciliable avec les congés…

10.04.2009

Crise subsistancielle

euro.gifLe free-lance est un être à la psychologie subtile :
Soit il stresse. Soit il stresse.

Il stresse quand il a trop de boulot, et pas le temps de dépenser l’argent gagné.

Il stresse quand il a pas de boulot, et trop de temps pour dépenser l’argent qu’il n’a pas.

Donc parfois, le free-lance se décourage : « Ras le bol du stress, j’arrête ! » il dit à son comptable.

« Vous avez bien noté que - même en devenant salarié - vous devrez encore payer 500 euros de charges fiscales mensuelles, pendant les 2 années suivant l’arrêt de votre activité ? » lui rappelle l’homme de l’art.

Alors, le free-lance a une réaction tout à fait surprenante : il stresse.

Conclusion : les gars, vous avez pas fini d’en lire, de l’article sponsorisé, parce que c’est le moyen que j’ai trouvé pour pas trop stresser en ce moment… et accessoirement pour payer le loyer de mon bureau.


Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est parfois monnayer son existence pour assurer sa pitance…

02.03.2009

Dis « camion »

camion.jpgElle était blonde, les cheveux bouclés. Le teint diaphane et les yeux clairs.
Venus préraphaélite.

Elle conduisait un engin de chantier, roues d’un mètre de diamètre, remorque de trois mètres de long, emplie d’une tonne de terre.

Je l’ai observée, moi médusée, elle blasée, faire sa marche arrière à 90°, et rentrer direct dans le chantier.

Ça recrute, tu crois, dans le BTP ?
Moi aussi, je veux faire Madone aux camions.


Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est un moyen de s’obliger à consigner la fugacité.

27.11.2008

Franche rigolade

kafka.jpgJe ne vais pas vous raconter ma vie aujourd’hui…

Eh, je déconne, la prétérition c’est pas pour les chiens, on est sur un blog là, oubliez pas, les gars !

Donc, comme je n’ai vraiment aucune pudeur en ce lieu, j’ai décidé de vous parler impôts.

Alors voilà, mon bureau à moi, je l’ai loué en Zone Franche, justement parce que je n’avais pas trop envie d’en entendre parler, des impôts.

En Zone Franche, on t’exonère de certains impôts, pour te motiver à venir re-dynamiser ce quartier tout dévitalisé.
Et je peux te dire que c’est pas de l’argent volé.

Parce que le quartier où je bosse, la première fois que j’y suis allée – égarée - je me suis écriée :
« Ah mon Dieu, c’est donc ça les miséreux ?! Mais pourquoi, POURQUOI a-t-il fallu que je quitte ce doux pays où tout n’est que beauté, culture et vanité ? »

Ouais, quitter Paris et tomber sur une Zone Franche Ch’ti, c’est un choc culturel frontal. Hyper douloureux.

Alors que là, depuis que je m’y suis installée, je vois bien que les habitants du quartier sont tout redynamisés, quand ils me voient passer en voiture et que je leur fais un signe de la main « Kikou, les miséreux, ça boum ? »

Le bonheur, quoi.

Sauf que l’autre jour, j’ai reçu un Avis de Taxe Professionnelle à payer sous 2 mois.

« Allô mon Trésor » que j’ai aussitôt appelé au Service des Impôts « dis, mon chou, OK pour redynamiser mais faudrait voir à être exonérée, tu t’es gouré… »

«  - Que Nenni, Madame la Ch’tite, pour être exonéré, faut CREER sa société en Zone Franche, alors que toi, t’avais créé PUIS t’as déménagé en Zone Franche, vilaine. Et toc ! » qu’il m’a rétorqué.

Mon sang de sangsue-contribuable n’a fait qu’un tour.


Je me suis aussitôt jeté sur Internet pour vérifier.

2 heures plus tard, je n’avais toujours pas compris si le paragraphe 44-7 alinéa octies, ça me donnait le droit d’être exonérée ou pas.

J’ai appelé mon comptable, qui n’était pas là.

J’ai appelé le Responsable Zone Franche de la mairie, qui était en congé longue maladie.

J’ai rappelé mon comptable, qui n’était toujours pas là.

J’ai appelé SOS-impôts Services PME une fois. Je suis tombé sur un inspecteur qui m’a dit que j’y avais droit, sûr de sûr.

J’ai appelé SOS-impôts Services PME deux fois. Je suis tombé sur un autre inspecteur qui m’a dit que je n’y avais pas droit, sûr de sûr.

J’ai appelé la direction régionale des impôts. Je suis tombé sur un inspecteur qui m’a dit que j’y avais droit, ou peut-être pas, il faudrait étudier mon dossier après réclamation en 3 exemplaires…

4 heures plus tard, la nuit était tombée et j’étais fermement décidée à me jeter depuis la fenêtre du premier étage.
Et là, mon Trésor a rappelé « Hé Ho, Madame la Ch’tite, toutes mes excuses, j’avais pas vu l’alinéa B, vous êtes exonérée ! »

Ben tu sais quoi, être plongée en vrai dans un bouquin de Kafka, ça n’a pas de prix, exonérée ou pas…

21.11.2008

De la liberté envisagée sous l'angle de la responsabilité

Prépare-toi, tu vas entrer chez moi.

Enfin, dans mon bureau, mais comme il s’agit du lieu où je passe le plus de temps éveillée dans une journée, c’est un peu ma maison de substitution.

Eh bien, tu vois, c’est ça que j’apprécie dans le fait d’être free-lance :

 

bureau1.jpg


J’ai mon propre compteur… et surtout à côté, la liberté de mettre ce que je veux dans MON lieu.

Mais pour me rappeler que la liberté, ce n’est jamais que la face cachée de la responsabilité, j’ai aussi ce Memorandum sous les yeux :

bureau2.jpg



I’m the Boss, ce qui me donner le droit et le devoir de bosser… si je ne veux pas retourner dans la case open space, cage à lapins des salariés où j’ai dépéri pendant de longues années…


23.10.2008

De belle facture

facture.jpgCertains moments sont pure jouissance.

Non, pas ceux-là, pervers de tous poils égarés par ici

Je vous parle de la pure jouissance du free-lance : l’impression des factures.

D’abord on en sort 3, une pour le comptable, une pour soi et une pour le client, qu’on glisse amoureusement dans une enveloppe blanc crème, paraphée d’un joli « Petit Facteur Presse le Pas, car le Paiement n’Attend Pas ».

On range les 2 autres exemplaires dans son gros classeur toujours à portée de main - « Ma compta » - sous cette divine intercalaire « Règlements en attente ».
Et enfin, on met à jour la ligne « Recettes » de son tableau Excel « Compte d’Exploitation », tellement merveilleusement élaboré qu’on se dit en le voyant qu’on a raté une carrière d’envergure dans l’Expertise-Comptable.

Le pied, je te dis, et si tu ne me crois pas, salarié de peu de foi, transpose-toi dans ma situation :

Imagines-toi un vendredi à 19H, tu as enfin bouclé ce putain de dossier « Ragondin Cie », après 5 réunions, 17 appels, 4 power-point et 1 présentation… et là, tu couches sur le papier le fruit de tes 13 jours efforts en facturant 2 750 euros à « Monsieur Mon Big Boss, siège de ma World Company, 75017 Paris »

Ah, tu vois ? C’est quand même autrement plus trippant que l’éphémère distribution de ta fiche de salaire, invariablement identique à chaque fin de mois…

Mais la morale de l’auto-capitalisme, c’est que la jouissance se paye de souffrances : toutes ces heures à tourner égarée autour de ta feuille blanche, en te demandant pourquoi tu as accepté ce putain de dossier, car oui, c’est sûr cette fois l’inspiration t’a quittée, toutes ces taxes que tu dois payer juste pour avoir le droit de travailler sans passer par la case maladie et retraite, tous ces jours où pour une raison que tu ne t’expliques pas ton téléphone ne sonne pas…

Et tous ces cafés que tu ne prendras pas avec ces collègues que tu n’as pas.

Alors voilà, la jouissance du free-lance est comme sa souffrance : solitaire.
Et c’est bien pour ça que j’avais envie de la partager avec toi.

29.09.2008

Serial Payeur

dark-knight.jpgLe client est un être méchant.

Le client, il fait rien qu’à m’appeler pour me proposer des dossiers alors que je suis over-bookée, un billet de blog par jour à écrire, c’est dire.

J’aurais peut-être pas du lui dire que j’avais une salle de bain rénovée à payer et des Mini-Monstres à nourrir dans une cuisine qui aurait bien besoin de l’être.

Rénovée.

Et non pas nourrie, ça n’aurait aucun sens.

En même temps, elle l’est un peu quand les Mini-Monstres cuisinent. Nourrie. Ma cuisine.

Tu vois bien, je perds tout sens commun, là.

Recentrons-nous.

Le client est méchant.
Le client est exigeant.
Le client me donne de l’argent.

Alors que toi,
pas,
pas,
et pas.

Donc, toi t’attendras pour que le client pas.

26.09.2008

Partage des Taches

lessive.jpgLes Hautes Responsabilités, c’est compliqué, tellement compliqué que le Ch’ti a dû partir se former 2 jours en séminaire.

Mais comme le Ch’ti m’aime très fort (et moi aussi. Je m’aime très fort) il n’a pas manqué de m’appeler pendant la journée.

« Coucou ma Chérie, tu devineras jamais où je suis ! À Deauville, dans ma chambre, face à la mer… »

« Ah ouais, ben moi non plus tu devineras jamais où je suis. Au supermarché, dans le rayon détergents, face aux lessives… » que je lui ai répondu avec autant d’enthousiasme que Kierkegaard les jours de pluie.

Être femme, c’est tout pourri dans la vie. Mais femme de, c’est bien pire. Pourri-Pourri.

11.07.2008

Congés (pas encore) payés

nationale7.jpgDans l’expression « se mettre à son compte » c’est le mot « compte » qui compte le plus, en fin de compte

Parce qu’au bout du compte, quand on les fait, ses comptes, on se rend compte qu’il faut travailler 10 mois pour s’en payer 12.

Oui, t’as 2 mois qui comptent pas, tout Août, un demi-Décembre et un demi-Mai… La France s’arrête et tes clients avec, donc faut pas compter dessus pour renflouer tes comptes.

Je te dis ça pour que tu te rendes compte que, c’est pas tout ça, mais va falloir que je me les paye ces congés.

Va falloir que je mette les bouchées doubles en juillet si je veux partir en Août.

Va falloir que je t’abandonne sur le bord de la route des vacances.

Et tu vas pas hurler à la mort. Tu vas attendre bien sagement que je revienne. Accroché à ton arbre.

Et peut-être même que si t’es sage, je reviendrai de temps à autre te donner un billet à ronger.

Mais n’y compte pas trop, quand même.

 

Psssst : tu sais quoi, un petit commentaire avant de prendre la route (même petit-petit), ça me ferait plaisir, histoire de me dire que ça vaut le coup que je revienne... 

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