16.02.2009

500 secondes et 500 euros par La Ch’tite

theatre.jpgDidascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res » parce qu’on n’a pas que ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi se soucier de l’avenir de l’humanité.

Après-midi ordinaire dans le bureau de la Ch’tite, free-lance esseulée mais ô combien bien logée, dans son bureau « façon maison »


Le Coryphée, faisant irruption dans le bureau de la Ch’tite : Désolée d’irrupter de la sorte, c’est Camille qui m’envoie pour une communication de la plus haute importance…

La Ch’tite : De quoi, Camille, mais il te les faut, toutes, les blogueuses, vieux pervers !

Le Coryphée : On va pas épiloguer, parce que figurez-vous que le temps presse : le monde s’autodétruira dans 500 secondes !

La Ch’tite, fouillant frénétiquement son bureau : 500 secondes, mais combien ça nous fait ça en minutes ? Attends, je pose 500 et je divise par 60. Mon Dieu, 8 minutes et 33 secondes… Putain, mais pourquoi j’ai pas regardé « La guerre des Mondes » hier soir sur TF1 ?! Je suis sûre que Tom aurait su quoi faire dans un cas pareil. Vous l’auriez pas regardé, par hasard, Monsieur Coryphée ? Jsuis sûre que vous êtes du genre à aimer les films catastrophes…

Le Coryphée : Non mais à discutailler comme ça, on n’a plus que 250 secondes, là…

La Ch’tite, calculant : 250 secondes… Vous voulez dire 4 minutes 16 ?

Le Coryphée : M’enfin, cessez d’interrupter, j’ai une bonne nouvelle : j’ai un billet de 500 euros à vous remettre pour vous acheter ce que vous voulez !

La Ch’tite : 500 euros ! (Recalculant) Vous voulez dire 3 279,78 francs ?! Mais qu’est que je vais bien pouvoir acheter avec 3 279, 78 francs en 250 secondes ?

Le Coryphée, regardant sa Montre Kelton vintage : 150 secondes !

La Ch’tite : mais attends, c’est une grosse arnaque, ce truc ! En 150 secondes, je peux juste acheter sur Internet, et tu me files un billet, là ! T’as pas une Gold, plutôt ?

Le Coryphée : NAN ! 50 secondes, grouillez-vous !

La Ch’tite : Oh, ça y est, j’ai trouvé ! Tu vois le canapé, là ? Bon écoute, t’es pas trop ma came, mais j’ai que toi sous la main, et je vais quand même pas laisser passer l’opportunité de griller mon billet ! Tiens, allonge-toi, voilà les 500, et maintenant tu as 30 secondes pour me faire……

AHHHHHHHHHHHHHHH

C’est quand même con que ce soit la fin du monde. Parce qu’on saura jamais la fin.

Bon alors, c’était un article écrit dans le cadre d’un concours initié par la bloggo lyon, ici.

Pour gagner, faut générer un max de commentaires (m’enfin, vu que ça se termine ce soir, je suis un peu hors-jeu !) et il faut faire tourner la chaîne à 5 autres blogueurs (m’enfin, vu que ça se termine ce soir, etc)

13.10.2008

Scène de la vie urbaine. Acte IV.

theatre.jpgDidascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res », parce qu’on n’a pas ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi courir après sa vie en petite robe trendy.

La Ch’tite se promène en ville, et croise les pas d’un gars pas vu depuis longtemps.



La Ch’tite, polie : Hello, comment tu vas depuis tout ce temps ?

Le Gars, œil morne : Ben ça va pas fort, tu sais. Ma copine me quitte… Je suis au fond du gouffre, là. Je dors plus, je mange plus, je sors plus…

La Ch’tite, compréhensive : Ah ouais, dur…

Le Gars, œil déviant : En plus c’était la femme de ma vie ! Putain, je sais même pas comment je vais m’en remettre… (Enchaînant) Et sinon, t’as pas des copines célibataires comme toi ?

La Ch’tite, no comprendo : Célibataire-comme-moi, mais je suis mariée, moi… !

Le Gars, œil frisant : Nan, jveux dire dans ton genre, là, petite robe, grandes bottes, dis-donc, c’est beau, ça, ces collants, c’est quoi ?! Fait voir un peu…

La Ch’tite, comprenant : OK, bon ben, jte souhaite plein de courage et on se rappelle, hein ?



Le Coryphée, jetant un voile pudique sur les jambes de la Ch’tite : Que retenir de cette scène, spectateur attentif ? Que l’homme du Nord ne le perd jamais, ou du moins pas bien loin. (s’adressant à la Ch’tite : ) Non, mais en même temps, faut le comprendre ce pauv’ gars, c’est limite indécent cette petite robe et ces collants, là !

La Ch’tite : Mais de quoi, des collants ? C’est pas des collants, c’est des leggings, rien à voir !

Le Coryphée : Ben c’est quoi la différence ?

La Ch’tite, enlevant ses grandes bottes : Menfin, regardez, là, y’a pas de pieds ! C’est des leggings, c’est hype. Les collants, y’a des pieds, les pieds, ça fait pute et puis c’est tout ! Bordel, c’est pas compliqué !

Le Coryphée :
Oui, mais vous avez des chaussettes, là, sur vos pieds, non ?

La Ch’tite : Dégage, pauv’ con ! Ta Mère la Pute en bas de contention !!


CLAP, CLAP, CLAP, CLAP.....


Vraiment, Public, je t’accorde que ce théâtre de la cruauté est limite insoutenable… Ne penses-tu pas qu’il faut tuer le Père Coryphée, abréger les souffrances de ce vieillard cacochyme qui peine à suivre la Ch’tite tout au long du jour pour le cas où une scène surgirait, et qui – le malheureux – n’est payé en retour que par mépris et vilenie ? Oui, souviens-toi, ici, là, et là-encore

16.09.2008

Scène de la vie urbaine. Acte III.

theatre.jpgDidascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res », parce qu’on n’a pas ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi perdre son temps dans les embouteillages à mater le cu des bus.

Jour ordinaire dans la ville de la Ch’tite, métamorphosée en chantier à ciel ouvert depuis des mois. Les ouvriers bétonnent, les voitures bouchonnent.




La Ch’tite, bloquée au volant de sa voiture face à des ouvriers rénovant la chaussée : Argh, urgh, orgh

Ouvrier Numéro 1, conduisant son engin : Vroum-vroum-vroum

Ouvrier Numéro 2, régulant la circulation et apercevant la Ch’tite : Oh-hé, oh-hé !

La Ch’tite, fixant des yeux ronds sur l’Ouvrier Numéro 2 qui l’interpelle : Gné ?

Ouvrier Numéro 2, tapotant avec insistance son index sur sa joue avec un large sourire : Hé-hé-hé…

La Ch’tite, comprenant que le prix exigé pour son passage est un big bisou sur la joue d’Ouvrier numéro 2 : Oh….

Ouvrier Numéro 2, un tantinet déçu mais laissant néanmoins passer la Ch’tite avec une révérence emphatique : Tun-num !

La Ch’tite pas chienne lui lançant quand même un bisou au vol : Vao…

Le Coryphée, s’avançant péniblement au milieu du chantier : Ben, ça va les gars, on s’emmerde pas, là ? C’est quoi ces dialogues sans paroles, c’est pour réduire honteusement le cachet de nos camarades-comédiens syndiqués, c’est ça ?
Ah mais attendez, le théâtre Petit Bourgeois ne passera pas comme ça, jvais vous foutre l’Urssaf au cu, moi !

La Ch’tite, embrassant le Coryphée à pleine bouche pour le faire taire : allez viens mon Coco, on va s’en payer une tranche, de Mime Marceau…


CLAP, CLAP, CLAP, CLAP.....


Public, Toi qui es fin connaisseur, tu n’auras pas manqué de remarquer ce jeu tout en finesse - malgré l’évidente pauvreté du texte - une véritable performance d’acteur qui permet de conférer à cette scène une charge dramatique intense, rarement atteinte sur la scène Ch’tite. Qui pourtant, rappelons-le aux néophytes, s’enorgueillit déjà de 2 opuscules célèbres en ces lieux : ctui-là, et ctui-ci.

26.06.2008

Scène de la vie urbaine. Acte II.

theatre.jpgDidascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res », parce qu’on n’a pas ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi vivre des événements dans sa vraie vie qu’on pourra raconter « a blogsteriori ».

Silence mystique dans le bureau de la Ch’tite, occupée à créer à sa table de travail tel un esclave des temps modernes. Soudain, point de cri dans la nuit, mais une sonnerie de portable dans le jour.


Une voix au bout du fil, en ch’ti dans le texte, sans Allo ni Bonjour
(Fan de Baffie le Dimanche sur Europe 1 ?) : J’iro ad’taleur chez le vétérinaiiiiiiiire !

La Ch’tite, point déconcentrée pour si peu : Pardon, chère Petite Madame, mais il me semble que vous fîtes une erreur de numéro.

La voix, au bord de la crise de nerf : HEIIIN ? Kok chô donk euch’bazard, ces machines, lààààààààà ? TUT-TUT-TUT

Le Coryphée, s’avançant au milieu du bureau : Que retenir, demanderas-tu Public, de cette scène de vie urbai… Aie, Putain, zêtes folle ou koi, vous zauriez pu me tuer ?!

La Ch’tite, qui a lancé son cutter ouvert à la tête du Coryphée : Mais c’est quoi, ça, débarquer dans mon bureau sans prévenir !! Va donc, eh, Satyre !! Cass’toi Pauv’ Con !!


Et tandis que les insultes et les projectiles pleuvent sur le Coryphée, le rideau rouge tombe au milieu du bureau de la Ch’tite, qui se lève très énervée pour le rouvrir, parce que c’est pas tout ça, mais faudrait voir à voir clair dans ce bureau, si on veut bosser un peu pour se payer en fin de mois.

CLAP, CLAP, CLAP, CLAP…


Après la représentation de cette œuvre d’anthologie, Tu ne seras point étonné, Lecteur, d’apprendre qu’Avignon et son festival sont chers à mon cœur à plus d’un titre. Oui, Ami, comme dit si bien Bilto, le théâtre c’est mon Dada. Surtout le théâtre Dada. Et pour t’en convaincre définitivement, je t’invite à relire cette œuvre qui fera date dans l’histoire du théâtre de blog.

Une œuvre qui fera date dans l’histoire du blog ! » Télérama )

06.05.2008

Scène de la vie urbaine

463604718.jpg

 Didascalie visant à t’introduire dans l’action « in medias res », parce qu’on n’a pas ça à foutre, de la note sur son blog. On doit aussi faire du commentaire sur les blogs-étrangers-et-néanmoins-amis.

Jour de Printemps radieux sur la métropole Lilloise – soit un bon 15°. Les arbres bourgeonnent, les oiseaux cuicuitent, et le feu vert…rougit. 2 voitures arrêtées côte à côte, toutes fenêtres ouvertes.

 

 Damoiseau en voiture rouge :    Vous êtes bien jolie, Mademoiselle !

La Ch’tite, rougissante comme il se doit :    Vous êtes bien urbain, Damoiseau…

La Ch’tite, en aparté :    J’y crois pas qu’y m’a appelé Mademoiselle !

Damoiseau en voiture rouge :    Et sinon, j’ai du bon shit, si vous voulez...

La Ch’tite, offusquée pas tant que ça :    Merci bien Damoiseau, je ne fume point ces choses-là.

La Ch’tite, en aparté :    Putain, mais il y croit vraiment, alors, que j’ai 25 ans ?? 

 

Le Coryphée, s'avançant depuis le trottoir :   Que retenir, demanderas-tu Public, de cette scène de vie urbaine ? Tu apprendras que, quel que soit l’objectif visé – coucher ou dealer – le Gentleman urbain ne perd point trop son temps en préambule inutile…


Et tandis que le feu passe au vert, le rideau rouge tombe sur la chaussée et sur ce con de Coryphée qui voulait faire son malin sur scène pour faire oublier la ridicule brieveté de son rôle.

CLAP, CLAP, CLAP, CLAP.....

 

Tu noteras, Lecteur la double supériorité de la scène urbaine ch'tite vis à vis du théâtre parisien subventionné :

1/ C'est beaucoup plus court et consécutivement, beaucoup moins chiant.

2/  La morale t'est clairement explicitée par le Coryphée, afin que tu n'aies pas à mobiliser inutilement 3 neurones pour déterminer le sens profond de cette histoire. Parce que tout ça a un sens, sais-tu pas ?