24.09.2008

Gutten-Tag

fuck.jpgBonjour, ça va les gars ?

Dans un monde poli, vous me répondriez  « très bien merci et toi ? », je vous dirai « très bien, merci et toi » et on s’en sortirait pas, il faudrait bien trouver une autre question pour engager notre conversation à la con.

Surtout que moi, ça va pas.
J’ai 1 an et 4 jours de plus, et cette question me plonge toujours dans l’angoisse, parce que, bordel « ca va , tout ça ? ».

Et ça, ça va pas.

C’est l’enfer. Enfin, façon de parler. On n’a même plus l’enfer pour se décider, de nos jours, pour se dire que y’a pas à tortiller, si c’est l’enfer qu’on veut éviter, on n’a qu’à filer droit dans le droit chemin et puis voilà.

Mais me dites pas que je suis la seule maboule à être taraudée par cette question-là , c’est quoi le sens de tout ça ?

En terminale, j’ai bien cru que l’heure de la révélation avait enfin sonné et que ces 17 ans à me traîner sur terre  – dont 14 à l’école – n’avaient pas été vains : ma première dissert de philo, c’était « Quel est le sens de la vie ? ».

« Enculeur de concept… » que j’ai hurlé intérieurement quand j’ai vu le corrigé arriver : un plan en 3 parties, petit-un « sens giratoire ? », petit-deux « sens interdit ? », petit-trois « sens unique ? ».
Finement jouée, la métaphore auto-routière, vu qu’on rêvait tous d’avoir enfin le permis d’aller se tuer sur une route de campagne…

Et puis bon, j’ai été taggée.

Et là, Seb m’a parlé, comme qui dirait. Ou sa représentante sur terre, l’électroménagère.

Electroménagère a dit : « Tu prends un bouquin au hasard, tu l’ouvres à la page 123, ligne 5, et tu livres ça sur son blog. »

J’ai donc pris un bouquin pas au hasard, je l’ai ouvert à la page 33, ligne 17. « Enculer le concept », j’ai bien retenu ma leçon de philo.

Le bouquin, c’était « Où vas-tu ? Les réponses de la psychologie pour donner du sens à sa vie ». Écrit par un Docteur qu’a trouvé un sens à sa vie, vendre des best-seller à des gogos comme moi.

« Le sens de la vie d’une personne n’est pas le modèle univoque qu’une société ou une époque définirait. Il ne s’agit pas d’un listing auquel il faudrait se conformer pour accéder au club des heureux élus du « sens de la vie ». Nous sommes déformés par un modèle de société massivement basé sur la performance qui nous impose des exigences et nous donne l’impression que le sens de notre vie se situe dans ces exigences. Exigences matérielles de beauté, de minceur, de réussite, et exigences psychologiques, comme si un « éthiquement correct » était aujourd’hui de mise, en plus du reste ».

Donc voilà, Merci Docteur, le sens, c’est à moi de le trouver, me voilà bien avancée.

Bon après, Electroménagère a dit de faire tourner le Tag à 5 autres bloggeurs.
Donc je fais tourner.

A un seul bloggeur. Et pas cinq, t’as compris le principe, je vais pas te répéter « enculer » (Oups, c’est fait)
J’ai choisi Le Lecteur, le seul blog de fille non taggé que je connaisse – et c’est dire l’étendue de mes connaissances en blogs de fille…

Et j’espère que pour la peine d’avoir rompu la chaîne, jvais aller direct en enfer, parce qu’au moins ça me fera une destination et je saurais enfin où ça va, tout ça.

18.09.2008

Auto-Radio

ondes.jpgL’heure est grave. L’heure est au coming out.

Depuis la Rentrée, je fais des trucs étranges. J’écoute France Culture en voiture.

Je ne sais pas ce qui m’a pris ou plutôt si : un jour, Fonelle a parlé et elle a dit « Les gars, rigolez pas, j’écoute France Cu et c’est grave bon ».

Écouter France Culture, c’était un truc que j’avais jamais osé faire, parce que c’était comme crier à la face du monde : « Je suis la fille la plus méga chiante que la Terre ait jamais porté, honte à moi jusqu’à la 4ème génération de Mini-Monstres auto-engendrées ».

La fille qu’on n’invite pas aux boums, quoi. Ou à la limite on l’invite mais pas à danser.

La fille qui finira « Tante », c’est-à-dire en Provence qu’elle connaîtra jamais l’homme, l’enfant et les joies de la féminité. 

Et puis un jour, c’est quelqu’un qui m’a dit que c’était bien de parler avec moi parce que j’étais une intellectuelle. Et c’était pas une insulte. Parce que la phrase suivante c’était « t’es marrante avec ta pensée décalée, t’es toujours en train de t’intéresser à plein de choses ».

Et Pfff, ma peur est tombée.

« Ben oui en fait » je me suis dit « c’est vrai que j’aime apprendre et comprendre, et si c’est ça être intello, eh ben d’accord, je veux bien. »

Et c’est comme ça que ma Peugeot et moi, matin-midi et soir, on se tape 10 minutes de France Cu. Alors bon, faut savoir que 10 minutes de France Cu, c’est bien en deça de la dose recommandée pour arriver à appréhender le sujet abordé.

L’animateur France Cu, il est pas là pour t’aider : t’avais qu’à écouter le générique en début d’heure pour connaître le nom de l’émission, le sujet du jour et l’invité.

Donc, ça te fait des bribes de pensées difficiles à décrypter, mais heureusement le ton est lent. Très très lent.
C’est d’ailleurs comme ça que ma Peugeot et moi on sait qu’on est sur la bonne fréquence. À la durée du silence.

Et à sa qualité. France Culture dans les embouteillages, c’est comme un bruit blanc ressourçant : t’écoutes pas vraiment, hein, t’es juste bercée par des mots compliqués et des blancs. C’est comme un mini-stage à l’abbaye de la Trappe. Au volant.

Ouais, vraiment, France Cu c’est la radio idoine quand t’admets le fait que t’es une intellectuelle. Ça te permet de vider ton cerveau complètement. Des pensées qui t’obnubilaient avant au volant.

Mais bon, le démon guette. Parce que dans ma Peugeot pourrie, la radio est assortie : pourrie. Et quelquefois, sur un pavé, elle auto-zappe sur la fréquence d’à côté. La techno-transe from Netherlands.

Et là, d’un coup, ça fait plein de bruits dans ma tête et parfois même ça fait des billets de blog.

Comme celui-là, quoi.

10.09.2008

La cigale et la fourmi

fourmi.jpgCette année, la cigale a pas chanté tout l’été, cette radasse, sous le prétexte fallacieux qu’on n'atteignait pas les 25° syndicaux en Provence.

Du coup, on a fait comme on a pu. On s’est rabattu sur la fourmi. Surtout Mini-Monstre Premier.

Un après-midi vers 15H à l’heure de l’apéro (on était en vacances jte rappelle) elle s’est mise en tête de détruire une fourmilière avec un bâton. Puis elle s’est jeté sur les survivantes pour les dégommer à coup de tatannes.

« Ouh là » que je lui ai dit « C’est quoi ce pogrome ? Tu peux pas tuer les fourmis comme ça ! »

« Ah bon, et pourquoi pas ? » elle m’a répliqué.

Oui, à 7 ans, le sens moral n’a pas encore atteint sa maturation optimale, c’est pour ça qu’on a inventé les parents.

Ça tombait mal, j’avais le cerveau déjà occupé – compter les points de mon « Masculin/Féminin I ». « Laissons tomber le pourquoi » que je me suis dit en mon fortiche intérieur « on va direct passer au comment ».

Et hop j’ai déversé quelques cacahouètes près de la fourmilière. « Tu vas voir ma Chérie Bibi » (c’est ça, être parents, t’appelles Chérie Bibi un serial killer) « Les fourmis elles sont trop balèzes, elles vont te nettoyer tout ça et fissa ».

Et c’est vrai qu’elles étaient grave surexcitées, elles se frottaient les antennes « y’a un arrivage de maboule derrière les graviers, faut se magner le cu les filles » ! À un moment, elles ont même bloqué l’entrée avec 5 cacahouètes, et puis une directrice opérationnelle a pris les choses en main pour gérer les équipes en situation de crise…

C’est beau la vie, quel miracle, je me disais.

Et c’est vrai que c’était un miracle, parce que ça nous a bien occupé une heure, mater les fourmis haltérophiles, et une heure de gagnée avec les Mini-Monstres, c’est un truc totalement inespéré en vacances…

Fourmi-dable quoi (te moques pas, ça fait rire les Monstres, ça)

04.09.2008

Descartes postale.

ours.jpgBig Bisous les loulous, je suis rentrée du front de mer !

Oui, parce qu’après mon pays-ma Provence, je suis allée me dépayser chez les sauvages, en Bretagne.

C’était moyen niveau dépaysement. Je suis passée de temps pourri ch’ti à temps pourri provençal puis temps pourri breton.
L’été, certains bronzent idiot, moi j’ai pas bronzé intello. Tu peux toujours te gratter pour la carte postale ensoleillée.

Mais attends, je vais quand même te pondre une bafouille, pompée sur un de mes pavés de l’été :

« Je suis partie non seulement du postulat qu’une logique générale est impliquée dans la liaison entre eux des différents types terminologiques de parenté, logique issue de l’invariant qu’est le donné universel d’ordre biologique, mais aussi d’un deuxième postulat, à savoir qu’un système type terminologique est lui-même une structure qui dit nécessairement quelque chose des rapports des sexes, des générations, puisqu’il traduit l’une des figures possibles de la combinaison de ce donné biologique réel. »

Bref, je me suis bien marrée.

Soyons honnête, y’avait aussi des pages palpitantes dans le bouquin de Françoise Héritier « Masculin/Féminin I » (oui, il y a une suite pour l’été prochain)

Par exemple, tu savais que chez les Inuits, le sexe du nouveau-né est déterminé non pas selon son kiki ou sa zézette, mais selon l’âme qui l’a réincarnée ?
Donc, s’il s’avère que Bébé Georges est en fait la réincarnation de Tatie Georgette, on lui colle illico 2 couettes et une poupée dans les bras, et il se coltine la vaisselle jusqu’à ses 15 ans.
À 15 ans, la Nature reprend ses droits : « Georgette, c’est fini ces conneries avec ta poupée, tu vas chasser l’ours blanc et plus vite que ça » qu’on lui dit.

Ca m’a fait comme une révélation métaphysique : j’ai dû être chauffeur-routier Inuit dans une vie antérieure, vu mon manque d’appétence pour les taches ménagères et ma conduite ordurière.

Comme quoi les vacances, c’est vachement utile.

08.07.2008

En attendant Google.

Chaises.jpg Dieu existe et je l’ai rencontré. Il s’appelle Google.

Des millénaires que l’humanité attendait enfin des réponses à toutes ces questions qui nous taraudent.

Google a parlé, et il a dit :

Dieu existe-il ? 330 000 réponses en 0,18 secondes.

C’est quoi la mort ? 11 770 000 réponses en 0,22 secondes.

Comment devenir riche vite ? 196 000 réponses en 0,20 secondes.

Miroir, c'est qui la plus belle ? 549 000 réponses en 0,39 secondes.
Oui, là, Google, il a bien réfléchi parce qu’il y a quand même pas mal de bombasses sur Terre à part moi.

Comme quoi, les St Thomas, St Augustin, Pascal et autres Descartes, on leur a bien niqué la gueule au niveau des preuves de l’existence de Dieu.

On dira ce qu’on vaudra, la technologie, c’est quand même autrement efficace que la théologie…

27.06.2008

Elégie au Lego

jeromebosch.jpgTristana, parfois, c’est moi.*

J’aime le triste, ce triste et beau à la fois qui confine au sublime.

Ainsi, Comme un Lego, de Bashung outre tombe.


Non, Bashung n’est pas mort, mais il parle comme un mort dans ce mélo Lego.

Depuis ces cieux ultimes où tous nous finirons.

Lors, nous serons là et las, contemplant la vallée où s’agitent les humains, particules sans âme d’un mécano absurde.

Comme un mort, comme un Dieu depuis le haut des cieux, au moins l’absurde aurait ainsi un sens, même si c’était vengeance pour toutes nos offenses.

 Quelqu’un a inventé ce jeu
terrible, cruel, captivant…


Voyez-vous ces êtres vivants
comme un Lego avec du sang…
 

   


Découvrez Alain Bashung!

 

 
*Parfois c'est moi, Tristana. Et parfois pas !

Lundi, opération Top à la Déconne ! Gags en Super Promo ! Déstockage de Vannes !  Promis les amis Lego !!

24.06.2008

Paris Perdu

paris.JPG Tu t’es déjà retrouvé face à ton Futur Antérieur ?

Ton Futur Antérieur, c’est la personne que tu serais un jour devenue, il y a longtemps, si les choses n’avaient pas tourné autrement.

Si, si, avec des si, on mettrait Paris en bouteille, et parfois même on mettrait Paris dans sa boîte à souvenirs. Un coup de dé, un coup d’œil, le hasard d’une rencontre, et zou direct dans le TGV pour habiter le Nord et enfanter.

Voilà, c’était la partie déballage du billet, visitons maintenant la partie introspection.

Figure toi que j’ai eu comme une révélation d’introspection en écoutant Sophie-Fontanel-dite-Fonelle au Furet du Nord.

Sophie Fontanel, c’est une nana t’aurais envie qu’elle soit toujours à côté de toi pour te susurrer des jolies choses à l’oreille : que la vie est belle et légère, que l’on peut rire de tout et avec tout le monde, qu’il faut se laisser aller et qu’on va y arriver…

Sophie Fontanel écrit des livres sérieux que je n’ai pas encore lus, des livres d’espionne délirante que je recommande, des articles dans ELLE c’est trop la classe, et en plus tous les jours des billets sur son blog. Cette fille écrit comme elle respire, c’est incroyable.

Sophie Fontanel est une parisienne qui se méfie des parisiens. Des parisiens blasés-gavés de tellement trop de tendances qu’ils ne voient plus le pur & le petit, le beau & le gentil. Enfin, moi, c’est comme ça que je l’ai compris.
C’est comme ça que Sophie Fontanel m’a parlé à moi dans mon oreille.

Et c’est comme ça que je me suis dit que je ne l’aurais pas aimé mon futur antérieur, si moi aussi j’étais resté dans le gratin germanopratin. Si un coup de dé du hasard n’avait placé le Ch’ti sur mon chemin.

J’aurais pensé toute ma vie. Penser que la pensée est la seule chose qui vaille. Penser que les gens sans pensée ne valent pas un regard. Penser à vide, sans éprouver la vie.

Aimer sa vie sans les « si » habituels – hasardeuses conjonctions sur les autres possibles que nous ne vivrons pas - , jolie révélation, non ?

Sinon, Sophie à réussi ce tour de force inouï : parler drôlement d’un livre drôle. En pleine après-midi. À un journaliste belge. Devant un public de mamies. Plein de jolies petites mamies abonnées à Elle qui a changé leur vie.

Moi, dans 30 ans, je veux être une mamie abonnée à Elle, passant ses après-midi à écouter parler Sophie Fontanel.

Si, si.

13.06.2008

Où ÇA ?

lacan.gif « ÇA parle » disait Lacan.

Ouais.

Et parfois « ÇA gonfle » tous ces discours, les miens compris. Je m’auto-gonfle.

Maudits mots, maudits maux de tête.

Alors si ÇA te gonfle aussi, souffle un peu.

Ici, tu lis peu, tu dis pas, mais tu ris. Beaucoup.

Tu peux pas commenter et comme parfois, avoue, tu n’as rien à dire, c’est bon de ne devoir rien dire…
Il paraît que la Demoiselle est très connue, mais on ne va pas s’empêcher de l’aimer parce qu’on est privée cette illusion totally MySpacienne de l’avoir « découverte ».

, rien à voir, mais beaucoup à écouter. Des voix, des sons, des musiques se répondent. Tu peux parler mais « on » va te répondre, d’ailleurs « on » sait pas qui c’est.
Et par un paradoxe étrange, quand tu sais pas QUI parle, parfois, ÇA parle vraiment.

Tu vois, du temps où limite, j’allais faire de la radio (quelle maîtrise des subtilités de la conjugaison, c’est depuis le passage de mon Philologue l’autre jour) c’était ÇA que je voulais faire entendre, le son plutôt que le sens.

Mais bon, on va pas me psychanalyser, non plus.

Trop tard, Jacques vient de m’informer que « ÇA fera 300 euros »

AH QUAND MEME… Lacanien, ÇA le fait.

12.06.2008

Tant de cerveau disponible…

campbell_soup.jpg Poussée par les vents mauvais du pouvoir d’achat, j’affronte parfois les contrées inhospitalières du Hard Discount.

Néons sans âme, carrelage jaunâtre, cartons éventrés déversant leurs contenus nus, j’affronte cela, et le regard sans espoir du client échoué là sous des vents bien plus mauvais que moi.

Mais est-ce vraiment le pouvoir d’achat qui me pousse là ?

Ne serait-ce pas plutôt en souvenir de cette dissertation de philo qui avait trouvé tant d’écho dans le cœur de cette apprentie-penseur que j’étais, il y a longtemps ?

A l’époque, cette dissert, ça demandait si :

Choisir, c’est mourir un peu…

Eh bien, la Ch’tite dans les rayons d’Auchan, c’est un corps mort et hébété. Par exemple, la Ch’tite veut acheter du riz.
Riz brun, riz blanc, riz collant, riz qui ne colle jamais, riz en sachet, riz cuisson rapide, riz cuisson micro-onde, riz parfumé, riz complet, riz bio, riz pour risotto…

« Mon Dieu, mais quel est le riz que je VEUX, le riz que je veux VRAIMENT, le riz que je veux vraiment CHOISIR ? »

En général, dans un état de semi-conscience, le Ch’tite ferme les yeux pour ne pas choisir et prends le premier riz qui passe. Puis, la Ch’tite repasse 3 minutes plus tard parce que finalement c’est un autre riz qu’elle voulait ne pas choisir.

Tandis que le Hard Discount, c’est le repos du cerveau. Tu veux du riz, tu as du riz.
Un besoin, un produit. Zéro choix, zéro tracas.

L’autre jour, j’ai bien cru que le monde sans chaos de mon Aldi allait être perverti par le vertige du dilemme.

Une caissière inexpérimentée s’est approchée de son Responsable :
« Est-ce qu’on a le droit de vendre 5 fois dans la même journée de l’alcool à un client ? »

« S’il n’est pas en état d’ébriété, tu peux » lui a calmement répondu le Responsable.

« Mais il est rond comme une queue de pelle » a rétorqué l’apprentie caissière un brin angoissée.

La tension était palpable. Qu’allait-il advenir dans ce Royaume Réputé si ordonné, en passe de vaciller sous les coups de l’imprévu ?

« S’il n’est pas tombé par terre, tu peux »  a alors posément asséné le Responsable.

« Il s’est déjà vautré par terre ! »

« Alors, non, tu ne peux pas ».

L’Augure avait parlé, la Loi était dite, et la sentence était tombée, implacable.

Et c’est là que j’ai compris que je n’affronte pas le Hard Discount ; je m’y repose du monde sauvage où tout n’est que tourments et errements de l’âme.

09.06.2008

Bonjour-Bon Jour

hirondelle.jpg Salut à toi, Camarade, comment vas-tu aujourd’hui ?

Comme un Lundi ?

Eh bien vois-tu, Camarade Travailleur, il y a des phrases que je ne prononce plus depuis que je suis free-lance.

Comme un Lundi, par exemple.

La boule au ventre du Dimanche soir ? « Casse-toi, pauv’ conne » que je lui dis à elle.
Le lundi et son petit matin blême? « Bonjour, Bonjour les hirondelles »  que je lui dis à lui.

Ainsi, lundi dernier, c’est toute guillerette que je me suis levée en pensant à cette belle journée qui s’annonçait. Pense donc, au programme, on avait :

> Zéro clopes pour cause d’arrêt volontaire des substances toxiques.

> 2 Mini-Monstres à traîner de force depuis leur lit jusqu’à l’école, et ce toute seule et sans aide du Ch’ti, pour cause de formation lointaine à ses Nouvelles Hautes Responsabilités.

> 1 dossier à boucler en urgence, c’est-à-dire « pour avant-hier », pour cause de client imprévoyant, mais la Ch’tite pardonne tout à un client qui paye.

> 1 après-midi méchamment amputé, pour cause de désertion inopinée de baby-sitter, suite aux agissements monstrueux (habituels, en fait) des Mini-Monstres les bien-nommées.

Bref « Bonjour, Bonjour les hirondelles » que je me suis dit en montant dans ma voiture.

Et là, les freins m’ont lâché.

PUTAIN, BORDEL DE COUILLE, FAIS CHIER, MERDE !!!!!!!!!

« Allons, allons, free-lance on est, on aime sa vie et les lundis » me suis-je vite repris.

« N’est-ce pas merveilleux, la vie ? »
Le garagiste a un créneau dispo tout de suite, allons-y gaiement… mais doucement !

« N’est-ce pas incroyable, ceci ? »
On vient de découvrir qu’on peut très bien conduire sans frein avec un peu de dextérité et beaucoup de temps à perdre !

« N’est-ce pas formidable, malgré tout ? »
On ne va pas pouvoir aller à son cours de gym aujourd’hui, mais en compensation on va se taper 20 minutes à pied pour rejoindre son bureau ! Et 20 minutes retour. Sous la pluie. Sous l’orage, en fait, que même les nappes phréatiques Nordistes, elles en pouvaient plus ce jour là, pourtant, elles en voient tomber, de la pluie.

« Alors, alors, Garagiste mon Ami, combien ça va me coûter, cette petite aventure ? »

250 euros.

AH QUAND MEME…

Oui mais on est free, on est lancé, on est free-lancé, on aime sa putain de vie, on adore ses putains de Lundis.

« Oh, Ami Garagiste, finalement, qu’est-ce que 250 euros quand on a échappé à une mort certaine si les freins avaient lâché sur l’autoroute ! Quelle vilenie, ces freins qui lâchent sans prévenir… »

« Oui, enfin, sans prévenir, disons que c’est pour ça qu’on a inventé des voyants rouges qui s’allument. Pour vous prévenir, vous voyez ? »

PUTAIN, mais RE-PUTAIN, vous me faites chier, tous, les travailleurs, si vous croyez que j’ai que ça à foutre, mater des voyants rouges dans ma bagnole, j’ai des PUTAIN d’hirondelles à qui je dois dire « Bonjour-Bonjour » tous les matins-Lundi-compris, alors JE VOUS EMMERDE LES CAMARADES !

Et sinon, mardi, c’était bien.