06.07.2009

Les chemins bétonnés de la connaissance

embouteillag.jpgD’aucuns m’accusent d’être une feignasse. Qui préférerait prendre sa voiture au lieu de marcher.

Je me gausse.

C’est ignorer que je poursuis au volant une thèse d’anthropologie extrêmement fouillée sur mes congénères, la voiture étant à peu près le seul endroit où je croise des gens vivants.

Tiens, l’autre jour, au feu rouge, l’Homo Voiturus devant moi s’est retourné, et il a commencé à loucher en tirant la langue.
Il faisait rire ses enfants.

Le temps s’est arrêté à observer ce magnifique spécimen de beau mec dans son milieu naturel, s’ébrouant avec sa progéniture.

J’en conclus scientifiquement que la femelle est programmée pour craquer devant un mâle qui prend soin de ses petits.

Malheureusement, le mâle est tout aussi scientifiquement programmé pour craquer devant une femelle qui nettoie sa voiture en tee-shirt mouillé.

05.03.2009

Baby (clear) blues

vanité.jpgJ’adore les bébés. Des autres.

Il y a quelques jours, j’en ai vu un. Tout petit, tout beau, tout sage. Tout garçon.

« Peut-être que je vais changer d’avis » je me suis dit « et me décider pour un 3ème d’ici quelques années ».

Avant de m’aviser que, d’ici quelques années, Dame Nature la pute décidera pour moi que de 3ème il n’y aura pas.

C’est ça le Problème Pilule. À force de ne pas avoir quand on ne voulait pas, on s’est mise à croire qu’il suffisait de vouloir pour avoir.

Alors que parfois, ça veut pas. Pas tout de suite. Pas du tout.
Ou bien, ça veut, et ça s’en va.

Et un jour, ça veut plus.

Ça, ce truc qu’on ne contrôle pas, et qu’on insulte pour oublier que nous ne sommes que des corps dans un décor fugace.


Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est autant saisir l’instant qui passe que le temps qui s’enfuit.

04.03.2009

Je lui dirai les mots blancs

mots_ben.jpgIl faudrait savoir écrire sans emphase.

Dire les mots, sans effets.

Il faudrait, mais je ne sais.

Effets, efforts, affects.

Désir d’écrire, tourments de l’âme.


Tu sais que la voix de l’inspiration est une farceuse : comme d’hab, elle a attendu que je sois presque endormie, sans papier à porter de main, pour me susurrer ça, et puis elle est repartie pioncer peinard, après m’avoir bien réveillée.

Mais le lendemain, elle s’est rattrapée, en me faisant croiser le chemin de ce joli billet de SeconFlore, qui m'a éclairé sur les tourments du trop.

 

Où l’on s’aperçoit que blogguer, c’est autant écrire que lire.

18.02.2009

Le Petit Véhicule de la Sagesse

bouddha.jpgOn gagne toujours à parier sur la bonté des gens.

C'est ce que je me suis dit l'autre jour au volant, en laissant passer devant moi une nana qui venait de me remercier a priori, par un grand signe de la main.

Ben oui, on ne va pas décevoir un alter ego qui a su déceler au premier coup d'œil l'Etre d'Amour et Gentillesse qui sommeille au tréfonds de son Soi profond...

Quand on voit les brillantes réflexions qui me sont inspirées par mes congénères lorsque je les croise - soit uniquement au volant ou sur un parking - on se dit que c'est une sacrée perte pour l'humanité que je sois une free-lance esseulée...


Où l'on s'aperçoit que blogguer quand on n'a strictement rien à raconter, c'est pas une sinécure...

21.01.2009

Mal armée

jeanne-d'arc.jpgAme, ma sœur âme, ne vois-tu rien venir ?

Je ne vois que l’avenir qui poudroie et l’herbe qui ne verdit pas.


Mon âme est en veilleuse, petit feu-follet qui vacille dans le vent et s’attise dans l’humour.

« Ne perdez jamais votre sens de l’humour, ça vous sauvera » m’a dit en guise d’adieu une femme qui a beaucoup compté pour moi à 20 ans, médecin des bleus à l’âme. « Et surtout, ne laissez pas votre peur vous tirer en arrière ».

Rire et l’écrire, pour le faire exister, rire pour ne pas laisser gagner la peur, alors qu’on se sent si mal armée pour le bonheur…

« Ton acte toujours s’applique à du papier car méditer sans traces devient évanescent »
C’est beau, oui, comme Bowie, échappatoire des mal armés comme Mallarmé.

20.01.2009

Avec ou sens enfants

panneau.jpgParfois – rarement – je suis sans enfants.

Faire des enfants sans grands-parents à portée de main, grave erreur stratégique…

Mais parfois, les Monstres ne sont pas là.

J’erre alors désœuvrée dans la maisonnée, me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de tout ce temps libéré : pas de tas de linge à laver, pas de repas équilibré à préparer, pas de bobos à consoler, de nez à moucher, de devoir à surveiller…

Ça oui, faire des enfants, ça donne un sens à la vie, courir jour après jour après le prosaïque, et éviter ainsi le doute métaphysique…

28.11.2008

Fou-thèse

fou.jpgTu as remarqué comme le concept de folie a beaucoup reculé, ces dernières années ?

Aujourd’hui, un type qui parle tout seul dans la rue, on lui accorde toujours le bénéfice du doute.

C’est ce qu’on appelle le facteur Bluetooth.

Bien, je vous laisse, j’ai toute une Histoire de la folie à l’âge numérique à écrire…

18.11.2008

Para du tonnerre

recouvrance_jpg.jpgJésus, c’était pas la moitié d’un con.

Il a quand même mené sa petite entreprise au succès, grâce à un procédé métaphorique des plus simples, compréhensible par tous les teubés de l’humanité : la parabole.

Eh bien en mon jeune temps, ma Mère – Supérieure parfois en ses enseignements – avait coutume de me narrer la parabole de la suicidée.

L’histoire se passe à Brest, où notre famille éplorée regardait la pluie tomber pendant que notre marin au long cours de père parcourait les océans.

Cet automne-là, la pluie n’avait pas cessé pendant 3 semaines durant.

Au soir du 28ème jour, une femme se jeta depuis le pont de la Recouvrance.

Le lendemain matin, le soleil brillait sur la rade de Brest.

Moralité : il faut toujours écouter sa Maman, quand elle vous dit que peut-être demain, la vie vous sera belle… surtout au mois de novembre !

13.11.2008

How does it feel like (a) rolling stone ?

mythe_sisyphe.jpgL’esprit humain est prodigieux.

As-tu jamais songé qu’il fut un homme capable d’inventer le mythe de Sisyphe, alors même qu’il ne connaissait pas le lave-linge ?

C’est ce que je me disais samedi en triant les 7 machines que j’accomplis chaque semaine que Dieu fait, enfin, façon de parler, cette grosse feignasse se repose le Dimanche, alors que moi – si tu comptes bien – c’est tous les jours que je m’échine…

Oui, car avant d’être un consommateur potentiel, l’enfant est d’abord producteur, producteur émérite de taches en tout genre : caca, pipi, vomi, ketchup, colle, boue… et autant de petits cailloux que j’ai à rouler ad vitam aeternam…

Du coup, je comprends profondément qu’il ait été un mec capable d’inventer le mythe du Petit Poucet à perdre, ses cailloux pleins les poches…

04.11.2008

Le France-Culturothon

France-Culturothon.jpgSophie Davant m’habite.

Et son esprit m’a dit « Toi aussi, tu as du cœur, toi aussi tu as ta cause ! La Ch’tite, il faut sauver France Culture… »

« Ben, d’accord » j’ai dit, trop soulagée que Sophie se soit pas mis en (ma) tête de plutôt sauver Willi…

Bon, j’avais déjà un peu commencé, de ci, et de là aussi, mais aujourd’hui, a y’est, je lance officiellement le France-Culturothon…
Voilà pourquoi, Amis, je vous supplie de sauver le soldat Jacquard, Albert de son petit nom, comme tous les grands génies dignes de ce (pré)nom...

Oui, parce que Bébert Jacquard, non content d’être un génie du gène humain, est aussi un chroniqueur positivement passionnant, qui traite sur France Culture de tous un tas de sujets pas à la con, genre la vie, l’espace, le temps.

« Sauvez Bébert, d’accord, mais c’est quand ? » me demanderez-vous. « Parce que c’est pas tout ça, la Ch’tite, mais on a coiffeur Samedi et piscine Dimanche… »

Amis, Amis, rassurez-vous… (permettez-moi quand même de préciser qu’il serait plus judicieux d’inverser vos rendez-vous, parce que brushing before piscine, vraiment…)

Certes, vous avez raison de vous questionner car, pour une fois, le monsieur qui trouve les titres des émissions de France Culture a fait preuve d’imagination.

D’habitude, tu vois, sur France Culture c’est pas très compliqué pour s’orienter : tu as « 18-20, l’émission », une émission de 18H à 20H, « Minuit/Dix » qui commence à Minuit Dix, « Les Lundis de l’histoire » tous les lundis, « Les Mardis littéraires » le mardi, et « Les Vendredis de la philosophie » qui ont lieu… suspense… le vendredi !

Alors « Le regard d’Albert Jacquard », a priori, c’est difficile à situer… Que nenni, en fait il suffit simplement de vous diriger vers le poste le plus proche du lundi au vendredi, à 17H50.

Pendant la nuit, oui.

Ce qui, je ne vous le cache pas, n’est pas sans un certain danger.

Parce que bon, Bébert, c’est vrai qu’il a une pensée un peu touffue, et une élocution, comment dire… socialement différente, ce qui vous oblige à mobiliser l’intégralité de votre néo-cortex pour parvenir à décrypter la subtilité de ses concepts.

Ainsi, moi, quand Albert s’installe sur le siège passager de ma 106 toutes les nuits vers 17H50, je manque à chaque fois d’écraser une vieille. Ou un vélo. Ou une vieille à vélo (Double Bonus, Same Player Play Again).

Alors, pour sauver Albert tout en préservant la race humaine, je vous conseille, Amis, de plutôt podcaster sa chronique sur le lien que voici-voilà.

Sinon, pour les dons, vous embêtez pas, envoyez-les moi …

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