02.06.2009

La nuit du chasseur

chasse.fr.jpgSoudain, au milieu de la nuit, une faible plainte retentit. Lancinante. Exaspérante.

« M’enfin, c’est quoi, ce bruit ?! » je grommelle au Ch’ti.

« - Rendors-toi, ma Chérie, c’est juste un oiseau qui crie »

Dans son village, à 14 ans, le Ch’ti a passé son permis de chasse. C’est dire s’il s’y connaît en bêtes à plumes.

C’est alors que la plainte s’accélère, s’amplifie, sort de sa tannière : pas de doute, nous sommes bien en présence d’une alarmus voiturus sauvage, espèce menaçante s’il en est.

Voilà ce que c’est de transposer un prédateur en milieu urbain.

01.06.2009

Vanité, vanité…

Le temps passe, Mon Dieu, comme le temps passe…

Oui :

ongles.jpg

 

Déjà 24 H que je me suis fait les ongles.

À ma prochaine séance-manucurie, j’arrête sur le champ toute activité.

Avec l’espoir que l’oisiveté, ça rallonge la durée de mes journées, et la tenue de mon vernis.

 

 


20.01.2009

Avec ou sens enfants

panneau.jpgParfois – rarement – je suis sans enfants.

Faire des enfants sans grands-parents à portée de main, grave erreur stratégique…

Mais parfois, les Monstres ne sont pas là.

J’erre alors désœuvrée dans la maisonnée, me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de tout ce temps libéré : pas de tas de linge à laver, pas de repas équilibré à préparer, pas de bobos à consoler, de nez à moucher, de devoir à surveiller…

Ça oui, faire des enfants, ça donne un sens à la vie, courir jour après jour après le prosaïque, et éviter ainsi le doute métaphysique…

14.01.2009

Pyjama Party

bonnenuitles petits.jpgSonnez hautbois, résonnez musettes, il est venu le temps des cathédrales…

J’ai résolu une question qui m’a obsédé 18 heures 21 minutes durant : trouver un pyjama digne de ce nom.

À ce point du récit, il nous faut, Ami Lecteur, revenir quelques jours en arrière.

L’écran se brouille, nous y voilà.

Intermède culturel visant à relever le niveau bassement fillesque de cette note :
De mon année passée à étudier « le récit filmique », j’ai retenu ceci ; on peut dater l’époque d’un film grâce au procédé employé pour signifier le flash-back.
Si l’héroïne a les yeux dans la vague 20 secondes durant, qu’elle regarde longuement une photo d’elle enfant, qu’elle soupire par 3 fois, que l’écran vire au noir en tourbillonnant et qu’un panneau t’indique en plus « 10 ans auparavant », tu peux sans douter affirmer que le film appartient à la pré-histoire du cinéma, du temps où le spectateur était un peu long à la détente.

Nous voici donc le 30 décembre 2008 à 23H03.
A ce moment précis, il m’apparaît avec une cruelle lucidité que je ne peux décemment pas passer une année supplémentaire à dormir dans la chose informe qui me tient lieu de pyjama pendant l’hiver glacé.

Comment résoudre ce problème apparemment insurmontable, alors qu’on s’est déjà maintes fois mais en vain aventuré dans les rayons lingerie nuit de toutes ces marques qui font le prestige de la confection française ?

Ne crois-tu pas que si un extra-terrestre débarquait en France au rayon lingerie nuit, il en conclurait qu’il n’existe dans notre pays que trois catégories de femmes : la nunuche, la pétasse et la mémère ?!

Que faire alors si – jeune femme mode et moderne, déployant des trésors de subtile séduction le jour - on ne peut se résoudre à passer ses nuits en nounours à nœuds-nœuds, en dentelles froufroutantes, ou en pilou-pilou ?

La solution m’est apparue comme une évidence le 31 décembre 2008 à 18H24, devant le rayon « leggings » de Promod.
J’allais m’acheter un pyjama qui ne serait pas explicitement conçu pour ça.

Soit, dans le bas, un leggings noir un peu épais, joliment relevé aux chevilles d’une mini-fronce féminine.
Et dans le haut, une grande tunique noire un peu fine, elle aussi froncée à l’encolure bien décolleté.

Trouvaille qui m’a valu le lendemain soir au coucher un commentaire du Ch’ti jamais entendu en cette saison, et habituellement réservé aux petites nuisettes de l’été « Hé, t’es canon, ma chérie »

Sonnez hautbois, je suis juste un Génie. Catégorie Pyjama.

01.12.2008

Fabuleux destin

amelie_poulain.jpgJe ne voudrais pas me la péter mais…

Rassure-moi, depuis ce jour-là, tu as wikipédié « prétérition », non ? Parce que tu sais que la rhétorique, c’est pas con, y’en a même qui sont devenu président des français grâce à ça, alors tu vois…


Je ne voudrais pas me la péter, donc, mais je me suis encore fait draguer.

L’autre jour dans ma 106 pourrie – tu remarqueras que la partie la plus palpitante de ma vie se situe dans ma 106, c’est pour situer le niveau de palpitations – j’étais toute chafouine :
France Culture était en grève, et je voyais bien que ça me faisait une ride de déception, là, incrustée sur le front.

J’en étais à me demander s’il existait un Dieu pour les rides désespérées, quand un gars sur ma droite m’a klaxonné, me demandant de baisser ma vitre.

« Magnifique ! » il a dit.

« Hein ? » j’ai brillamment répondu.

« Je voulais juste vous dire que vous êtes magnifique… Et aussi vous demander, si par chance, vous êtes célibataire… »

Ben tu vois, même mariée, je l’aurais limite embrassé pour le remercier.

Non qu’il ait eu la gueule de Georges Clonney, juste une bonne tête de gars ordinaire qui n’ose pas trop draguer… sauf bien sûr en présence d’une irrésistible beauté, ornée d’une irrésistible ride de déception incrustée sur le front.

Tu vois, je crois que même à 80 ans, je serai toujours aussi émerveillée que le destin me sourit au moment précis où je fais la gueule à la vie…

Sauf que bien sûr, à cet âge-là, ce sera juste quand mon petit-fils m’appellera, un dimanche de novembre, alors que le monde entier m’aura abandonné face à ma télé, regardant la nièce de Drucker interviewer le fils de Sarkozy…

13.11.2008

How does it feel like (a) rolling stone ?

mythe_sisyphe.jpgL’esprit humain est prodigieux.

As-tu jamais songé qu’il fut un homme capable d’inventer le mythe de Sisyphe, alors même qu’il ne connaissait pas le lave-linge ?

C’est ce que je me disais samedi en triant les 7 machines que j’accomplis chaque semaine que Dieu fait, enfin, façon de parler, cette grosse feignasse se repose le Dimanche, alors que moi – si tu comptes bien – c’est tous les jours que je m’échine…

Oui, car avant d’être un consommateur potentiel, l’enfant est d’abord producteur, producteur émérite de taches en tout genre : caca, pipi, vomi, ketchup, colle, boue… et autant de petits cailloux que j’ai à rouler ad vitam aeternam…

Du coup, je comprends profondément qu’il ait été un mec capable d’inventer le mythe du Petit Poucet à perdre, ses cailloux pleins les poches…

12.11.2008

Mort d’un véhicule voyageur

Il paraît que l’automobile est en crise.

Je confirme : ma 106 Kid vintage est au plus mal. Elle tousse le matin, crachote en route, et freine péniblement. Je redoute une issue fatale, cet inéluctable moment où les automobiles se cachent pour mourir à la casse…

Et pour son fidèle compagnon – le véhicule du Ch’ti – ce n’est pas mieux, à croire que ces deux-là se sont juré fidélité jusqu’à la mort.

La voiture du Ch’ti, c’est une belle italienne, une vieille belle, du genre qui vous fait payer sa splendeur passée en réclamant maintenant d’incessantes et coûteuses attentions, un p’tit lifting par ci, une p’tite courroie par là…

On a beaucoup pleuré, le Ch’ti et moi, et puis on a décidé de totalement repenser la gestion de notre parc automobile.

On s’est calé une réunion au sommet du club G2 – lui plus moi – entre 2 lessives et 1 connerie à la télé : soit, entre 21H22 et 21H33. Oui, on a beaucoup réfléchi.

« Attends » j’ai commencé, « pourquoi est-ce que c’est toi qui a la plus grosse voiture, alors que les courses et les enfants atterrissent immanquablement dans MA bagnole ? »

« T’as raison, ma Chérie » qu’il a approuvé « Jusqu’à présent, j’avais la grosse et belle voiture, et toi la petite pourrie. Faut inverser. »

Et voilà donc la solution que le Ch’ti a trouvée :

Pour moi, une grosse voiture pourrie :

dacia.jpg

C’est une Dacia low-cost fabriquée en Roumanie, oui.

Et pour lui, une petite belle :

clubman.jpg


Soit une Mini Clubman, dont la taille est inversement proportionnelle au prix, oui.

Il est brillant, mon homme, non ? C’est un homme, quoi.

Mais bon, faut qu’on en reparle, parce que dans crise automobile, il y a quand même crise

11.11.2008

Bon an, mal an…

feuille.jpgLa nuit est tombée, la pluie s’est installée.

Il y a des périodes de l’année comme ça, que je n’aime pas.

Novembre, parce qu’il faut célébrer tout un tas de trucs sinistres.

Décembre, parce qu’il faut fêter tout un tas de trucs joyeux.

Janvier, parce qu’on est crevé d’avoir fait semblant de faire la fête.

Mars, parce que le printemps n’est jamais au rendez-vous annoncé.

Juillet, parce que l’été n’est jamais au rendez-vous annoncé.

Août, parce que vous réalisez que le printemps et l’été ne sont jamais au rendez-vous annoncé… parce que c’est dans le Nord que vous vivez.

Début Septembre, parce que c’est la rentrée, et qu’on a toute sa vie 10 ans quand c’est la Rentrée.

Fin Septembre, parce que c’est mon anniversaire, et que finalement, je n’ai plus du tout 10 ans.

Octobre, parce qu’on vous annonce qu’il faut passer à l’heure d’hiver, alors que vous venez seulement d’accepter que l’automne a commencé.

Novembre, parce que ça a recommencé. La pluie s’est installée. La nuit est tombée.

Sinon, le reste de l’année, j’ai 4 mois époustouflants.

10.11.2008

Tag on MonTag (ou : c’est lundi, dis !)

inutile.jpgMa quête des lecteurs inconnus ayant lamentablement échoué, je me suis souvenue qu’une lectrice bien réelle m’avait obligeamment taguée :

C’est Frannso qui m’a dit « Oh, La Ch’tite, apprends-moi 6 choses totalement inutiles sur toi ! »

J’avoue que j’ai eu un peu de mal à saisir le concept de « trucs sans intérêt » me concernant, sachant que :

1/La Ch’tite est une fille toujours très intéressante

2/La vie de la Ch’tite est toujours très intéressante

3/La Ch’tite parvient toujours à trouver de l’intérêt dans les choses inintéressantes

4/Alain Delon trouve que la Ch’tite est toujours très intéressante

5/Le blog de la Ch’tite est toujours plein d’intérêt

6/Les lecteurs du blog de la Ch’tite sont toujours très intéressés par ses billets


Bien, mais un tag est un tag, alors, on va se concentrer, vous et moi, et faire semblant de croire que ce que je vous raconte ci-dessous, tout le monde s’en fout :

C’est parti.
Bien évidemment, il n’y aura pas de roulement de tambour. À la limite, un roulement de triangle, si vous insistez…

6 choses totalement inutiles à savoir sur la Ch’tite :

1/ J’ai le pied gauche plus gros que le droit. C’est pareil pour le sein gauche. Oh là, on s’affole pas, j’ai dit « plus gros », j’ai pas dit « gros », pas d’intérêt mammaire à signaler.

2/ Je suis la reine de l’osso bucco à l’orange. J’en ai d’ailleurs préparé un le jour où j’ai accouché. Je m’arrête là, vu l’intérêt qu’a déclenché le billet sur ma mise à bas.

3/ Je déteste aller me coucher. Ce qui prouve combien les journées de la Ch’tite sont intéressantes. En même temps, je déteste me lever. Ce qui prouve combien la Ch’tite est une fille surprenante.

4/ Je vais mourir. Comment ça, ça vous intéresse, bande de charognards ? Je veux dire, je vais mourir un jour. Ah là, vous voyez bien que vous vous en foutez.

5/ Je suis contre la guerre. La guerre, c’est pas bien. Je suis contre le pet aussi. Le pet, c’est pas bien. Ah, je crois bien que j’ai réussi à me prendre un vent avec ma blague naze. Merci de jouer le jeu du désintérêt, les gars !

6/ Je suis extrêmement stressée à l’idée de savoir qui je vais bien pouvoir tagguer. Parce que Mon Dieu, ça circule tellement vite ces choses-là. Ah, votre intérêt se réveille, non ? parce que vous pourriez être concernés…

Je taggue donc : Elsa from the boudoir, Camille de Fashion Gazette, parce que ces 2 là ne pouvaient pas y échapper, Lecteur qui m’a taggué par ailleurs, Ema que j’espère bienveillante sur ce coup-là, et la pas du tout insupportable Satin

05.11.2008

Compte de fée

miroir.jpgL’autre matin, mon miroir ne voulait rien entendre, et encore moins me parler.

J’avais beau me bijouter, me blusher, me mascaradariser, rien, il fallait me rendre à l’évidence : je ne serai pas la plus belle pour aller danser au supermarché.

C’est alors que dans sa grande bonté, Dame Nature a décidé de m’envoyer un Miroir Sur Pied, en la personne d’un jeune homme, que j’avais obligeamment laissé passé à la caisse du supermarché où j’étais allé célébrer la « méga folie des prix anniversaires ».

« Oh non, Madame, fallait pas me laisser passer » s’est-il récrié « Vous êtes tellement trop belle que je voulais attendre en vous regardant. Eh sérieux, vous avez trop la classe. Mais c’est même pas la peine de demander si vous êtes casée, hein, à voir la taille de votre caddie… »

« Quelle perspicacité, ce jeune homme est brillant » que mon ego a pensé très fort en le regardant…

Tellement fort que vous savez ce qu’il a ajouté, mon Miroir improvisé :  « Eh Madame, vous savez comment ils m’appellent, les gars au Quartier ? Einstein… Mais c’est pas pour le cerveau, hein, c’est pour la coupe de cheveux. J’aurais eu des grands pieds, Maradona, ils m’auraient appelé ! J’men fous, je vais reprendre une formation, je leur prouverai que je suis pas un con…»

Big Up à toi, Génie méconnu, car saches que tu m’as réparée en ce jour de miroir cassé, et Salut aussi à tous ces petits dragueurs qu’on serait parfois tenté de rembarrer avec leurs phrases bancales…

D’ailleurs, moi, je ne les rembarre pas, je rougis, je dis « Merci » et je repars le sourire aux lèvres et la fleur au fusil.

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